29/05/2012

Payer pour tuer: La ministre de la Justice estime que c'est une bonne idée...

Les criminels lourds pourront racheter leur procès

Bruxelles, 26.5.12 - Les procureurs pourront à présent conclure des arrangements avec les criminels présumés pour des délits passibles de maximum 20 ans de prison. C'est ce qu'il ressort d'une circulaire élargissant le principe des règlements à l'amiable dans les affaires pénales, indiquent samedi les journaux L'Echo et De Tijd.

La circulaire contient une liste de délits pour lesquels les criminels peuvent monnayer leur procès. Sur cette liste figurent notamment la corruption, la criminalité informatique, certains cas de coups et blessures, de faits commis en bande et de vols, et toutes les formes de fraude et de tromperie.

Selon les deux journaux, la circulaire pourrait néanmoins susciter la  controverse. Ils soulignent que l'arrangement peut être conclu à n'importe quel moment, durant ou même après le procès, tant que la condamnation n'est pas définitive. Le règlement peut même être inférieur à la peine prononcée et les juges ne pourront estimer s'il est approprié ou proportionnel. Les suspects qui peuvent payer garderont par ailleurs un casier judiciaire vierge, tandis que d'autres suspects, cités dans la même affaire, pourront encore être poursuivis.
    
Pour la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom (Open Vld), c'est une bonne chose que tous les procureurs aient à présent la même ligne directrice. "Maintenant, la loi peut-être pleinement appliquée", déclare-t-elle. La ministre souligne que la circulaire précise aussi que les victimes ont leur mot à dire sur le règlement.

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1502/Belgique/article/detail/1...

Photo: Paid to Kill (1954) - Payé pour tuer (1954)

08/05/2012

Fight against the mafia: Giovanni Falcone

Sunday, April 22nd, 2012

Falcone.jpg

Not many people have the courage to stand up for their ideals and fight for the better interests of society, but Giovanni Falcone, along with his friend Paolo Borsellino, is certainly one who has. Born in Palermo in May of 1939, Falcone would go on to graduate with a law degree from the University of Palermo and become an Italian magistrate seen as a hero in the Italian fight against the mafia. Due to his drive and actions, Falcone will always have a place in the political history of the Italian Republic.

Falcone is an excellent example of a man, and a statesman, who was devoted to his country and believed in the institutions set forth by his government. Throughout his career Falcone was seen as unique because few dared to speak out about the mafia in Sicily and there were even fewer who dared fight against it. One of the turning points in Falcone's career was the murder of Judge Cesare Torrenova, after which Falcone asked to work for the Investigative Branch of the Prosecution Office (Ufficio Istruzione) in Palermo.

It must also be noted that Falcone made a huge contribution to developing the methods of investigation that helped to gain an understanding of the mafia and to begin the fight to defeat them. Falcone understood that in order to really get to the bottom of how criminal networks operated investigators and judges had to analyze the patrimonial organisation and banking activities of these criminals. Knowing where the money was going, and getting an overview of the organisation and its structure, came to be seen as very important. Falcone's own investigations uncovered large drug smuggling operations especially to the United States.

These investigations culminated in the so-called Maxi processo di Palermo, the most important trial against the mafia in Italy. During the trial testimony was given by Tommaso Buscetta, a pentito (the literal translation is someone who has repented.) Buscetta was a man who belonged to the mafia and then provided evidence to the state. As stated in the book Cose di Cosa Nostra, the inside knowledge gleaned from Buscetta--including how things worked within the shadowy crime families and how to interpret the actions of the mobsters--was quite valuable.

The Maxi processo is certainly one of the most famous trials in the history of Italy against the mafia. It led to 360 convictions, 2665 years of jail and 11 and a half billion liras of fines.

The success of the trial was largely credited to Falcone, Borsellino and their team. Of course, Falcone had made a lot of waves and the mafia targeted him. The first attempt on Falcone's life, known as an attentato dell'Addura, was unsuccessful. On June 21, 1989, a bomb in a bag was left on the rocks next to the house Falcone had rented for a holiday. It is unclear why the bomb failed.

The second attempt on Falcone's life had a more tragic outcome. Falcone, his wife Francesca Morvillo and their bodyguards were murdered in what is known as the Strage of Capaci (The Capaci Massacre). Under the orders of Salvatore Riina a half-ton bomb was placed under the highway leading from Palermo International Airport to the city of Palermo. Riina's men hid in a building overlooking the road and detonated the device. The explosion was so powerful it registered on local earthquake monitors.

Capaci highway

The Capaci Motorway After the Explosion That Killed Giovanni Falcone

 

Falcone will always be remembered as a man brave enough to stand up for what he believed in and to fight for justice. Tragically this campaign to weaken and eventually defeat the mafia in Sicily, and in Italy as a whole, meant that Falcone was cut down in his prime. Falcone and his partner Borsellino will never be forgotten for their contribution and courage in fighting organized crime.

The bravery of such a stance is evident from statements made by Falcone that predicted his death at the hands of the mafia. "My life is mapped out: it is my destiny to take a bullet by the Mafia some day," Falcone stated. "The only thing I don't know is when."

And while Falcone is now gone and the mafia (including the Sicilian Cosa Nostra, Camorra and the Calabrese 'Ndrangheta) remains, this inspiring man should not be forgotten. As Falcone once said: "The Mafia is a human phenomenon and thus, like all human phenomena, it has had a beginning and an evolution, and will also have an end.”

http://www.lifeinitaly.com/culture/giovanni-falcone

09/04/2012

Justice: Les frères Konhu, le rocher de Kanumera (8/4/2012)

Le rocher de Kanumera. L’erreur judiciaire
Un document de Guillaume Maury



Elle était partie seule, à la découverte de l’une des plus belles baies du monde. Mika Kusama ne quittera jamais l’Ile des Pins, en Nouvelle-Calédonie. En mai 2002, le corps de cette touriste japonaise de 29 ans a été retrouvé sur le rocher de Kanumera. Calciné, en partie dénudé… Ce rocher était un lieu tabou. Personne ne pouvait y mettre les pieds, à l’exception de la famille Konhu. Alors quand la jeune Mika a été retrouvée brûlée, dans un cercle de pierres, tous les regards se sont portés vers les deux frères Konhu, des Kanaks au coup de poing facile… C’est la propriétaire du gîte qui donne l’alerte. Mika Kusama n’est pas rentrée dîner et elle n’a pas honoré sa balade en pirogue… La jeune Japonaise a beau être une baroudeuse, son absence est inquiétante. La gendarmerie organise des recherches. Le 6 mai 2002, son corps est retrouvé sur le rocher de Kanumera. La jeune femme est défigurée, calcinée, recouverte de pierres et de branchages. Crime rituel ? Le rocher de Kanumera n’est pas un endroit ordinaire. Il appartient aux Konhu, une très ancienne famille de l’Ile des Pins. Autrefois chef de tribu, elle ne règne plus aujourd’hui que sur son rocher, dont elle interdit formellement l’accès. Les gendarmes s’intéressent donc à ses gardiens, Didyme et Antoine, les seules personnes à pouvoir conduire des touristes sur le bloc de corail. Déjà connus des services de gendarmerie, les deux frères apparaissent vite comme des suspects idéaux. A l’Ile des Pins, tout le monde les montre d’ailleurs du doigt : ils n’ont pas participé aux recherches quand Mika a été portée disparue ; un témoin dit avoir vu Antoine en compagnie d’une Japonaise ; un autre affirme qu’il portait au doigt une bague identique à celle de Mika… Et l’on rapporte qu’il était constamment sous l’emprise de la drogue ou de l’alcool ; il cherchait une femme ces derniers jours... Et puis, la pression est forte. Le tourisme, notamment japonais, est une des premières sources de richesse en Nouvelle-Calédonie. Alors, ce meurtre salit tout le monde ! Mais en garde à vue, les deux frères déstabilisent les enquêteurs. La culture kanak échappe aux rouages de l’instruction. Impossible, par exemple, de reconstituer l’emploi du temps des suspects, qui vivent au rythme du soleil, sans savoir précisément à quelle heure ils ont quitté les champs. Antoine et Didyme ne répondent pas clairement aux questions : l’un se mure dans le silence, l’autre raconte toute son histoire ancestrale, celle de son île et de son rocher. Les gendarmes n’obtiennent aucun aveu, mais restent convaincus qu’ils sont sur la bonne piste. D’ailleurs, toutes les autres s’effondrent au fil de l’instruction. Alors, les frères Konhu restent en détention provisoire. Comme les gendarmes, le juge d’instruction est persuadé de tenir les coupables, même si les analyses ADN ne décèlent aucune trace d’Antoine et de Didyme sur le corps de Mika ; même si les preuves matérielles manquent. Il renvoie les deux suspects devant la cour d’assises, pour meurtre. Le procès, doit avoir lieu en septembre 2005. En attendant, le clan Konhu s’organise et la défense prépare son dossier. Un comité de soutien se met en place, assisté par la Ligue des Droits de l’homme. Les avocats multiplient les demandes de remise en liberté pour Antoine, qui est maintenu en détention provisoire plus de trois ans. Et surtout, ils recherchent de nouveaux témoins, épluchent l’enquête, traquent ses failles… pour découvrir que des scellés n’ont jamais été expertisés ! Le président de la cour d’assises lance alors un complément d’enquête et reprend lui-même l’instruction. En avril 2007, cinq ans après le meurtre de Mika Kusama, le procès des frères Konhu s’ouvre enfin devant la cour d’assises de Nouméa. Antoine et Didyme comparaissent libres, devant une salle comble. Dans une ambiance électrique, leur défense revient sur les lacunes du dossier, et dénonce une instruction qui aurait été menée à charge. Les gendarmes sont violemment mis en cause par les avocats. Mais cela ne fait que partiellement basculer la cour. Antoine écope de 15 ans de prison et Didyme… est acquitté ! Aussitôt, le parquet et Antoine font appel. L’un de l’acquittement, l’autre de sa condamnation. Le second procès s’ouvre le 14 avril 2009. Après une heure et demie de délibération, le verdict tombe : cette fois, Antoine et Didyme Konhu sont tous les deux acquittés. Le clan Konhu pleure de joie. Les parents de Mika Kusama ne savent toujours pas qui a tué leur fille…

Intervenants


Capitaine Alain Carmona, brigade de recherches de Nouméa
Maître Jean-Yves Moyart, avocat d’Antoine
Maître Frédéric de Greslan, avocat de la famille de Mika Kusama
Adjudant Francesco Biedma, brigade territoriale de Kuto, Île des Pins
Philippe Frédière, journaliste, Les Nouvelles Calédoniennes
Lieutenant Soane Asi, Brigade de recherches de Nouméa
Abo, frère de Didyme et Antoine
Ambroise "Didyme"
Antoine
Docteur Jean-Luc Lehericy, expert psychiatre
Maître Jean-Jacques Deswarte, avocat d’Antoine
Maître Marie-Laure Fauché, avocate d’Ambroise "Didyme"
Christian Mésière, président de la cour d’Assises de Nouméa
Adjudant Eric Soustelle, brigade de recherches de Nouméa
Pierrick Chatel, journaliste, Les Nouvelles Calédoniennes
Jean- Paul Rufet, enquêteur de personnalité
Estelle Lavigne, ex-compagne d’Antoine
Jean- Michel Stoltz, président de la cour d’Assises de Nouméa
Dominique Rizet, journaliste.

http://f-e-a.probb.fr/t4139-163-les-freres-konhu-le-roche...