23/02/2013

La pensée coloniale sur la Palestine

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De Balfour à Obama : La pensée coloniale sur la Palestine

9 novembre 2011

La phrase "Mandat britannique de Palestine" est un lieu commun, dans le discours occidental et sioniste sur la Palestine, présupposé inoffensif et méritant à peine qu'on y réfléchisse à deux fois. Une recherche rapide sur l'internet de ces termes en apparence anodins révèle quelques deux millions de résultats de qualité et utilité extrêmement variées. Il n'y eut cependant rien qui soit un "Mandat britannique" de Palestine ; ce fut et reste une construction coloniale purement européenne/occidentale, une abstraction aux conséquences réelles et désastreuses. En réalité, le peuple palestinien n'a jamais consenti à être occupé par les colonialistes britanniques, pas plus qu'il n'a jamais accepté que sa terre ancestrale soit partagée et donnée à d'autres européens, ni n'a jamais demandé à être "civilisé" par un gouvernement impérialiste qui était complètement ignorant de sa langue, de sa culture et de son histoire. On pourrait dire la même chose du "Mandat français" en Syrie et au Liban, ou du "Mandat britannique" en Irak.

Le terme "Mandat britannique" a pourtant bien eu son utilité. Il a permis aux historiens et aux partisans du colonialisme de croire que la Palestine était en quelque sorte destinée à la partition, ce qui la rendait "légale" et donc sacrée. Vous voyez, mandat a été donné à la Grande-Bretagne par la Société des Nations en 1922 et ainsi, la Grande-Bretagne, la plus grande nation sur terre, le modèle des Lumières occidentales et de la pensée progressiste, a été obligée de mener sa mission - et ainsi va l'argument. Et le peuple indigène de Palestine ? Comme résumé par Lord Balfour en 1917, ses aspirations, ses droits et son existence même avaient peu ou pas d'importance : "Le sionisme, qu'il ait raison ou tort, qu'il soit bon ou mauvais, est enraciné dans les traditions séculaires, dans les besoins actuels, dans les espoirs pour l'avenir, d'une importance bien plus grande que les souhaits ou les regrets de 700.000 arabes qui habitent actuellement cet antique pays."

http://www.ism-france.org/analyses/De-Balfour-a-Obama-La-pensee-coloniale-sur-la-Palestine-article-16263

Photo: Soldats britanniques contre population palestinienne pendant la Grande Révolte arabe de 1936-1939

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Cisjordanie: près de 100 blessés, trois détenus palestiniens hospitalisés

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22 février 2013

Une centaine de Palestiniens ont été blessés vendredi en Cisjordanie dans des heurts avec les forces israéliennes alors qu'ils manifestaient en solidarité avec quatre des leurs en grève de la faim détenus par Israël, dont trois ont été hospitalisés.

Au total, 94 Palestiniens ont été blessés, dont deux grièvement par balles réelles, par les forces israéliennes. Quarante-neuf ont notamment été blessés devant la prison militaire d'Ofer, près de Ramallah, a indiqué à l'AFP le porte-parole du Croissant-Rouge palestinien, Mohammad Ayyad.

http://www.liberation.fr/monde/2013/02/22/cisjordanie-pres-de-100-blesses-trois-detenus-palestiniens-hospitalises_883872

Commentaires

Palestine-Israël: une question coloniale, une question française

La question palestinienne est particulièrement importante pour toute réflexion sur la colonisation aujourd’hui parce que les Palestiniens continuent à vivre une situation coloniale directe et violente. Celle-ci est l’héritage de l’impérialisme européen qui a transformé l’ensemble des relations internationales depuis la seconde moitié du XIXe siècle jusqu’au milieu du XXe siècle. La Palestine a connu les deux formes de colonisation nées durant cette période : colonie administrative dans le cadre du mandat britannique, elle est progressivement devenue une colonie de peuplement, à l’instar de l’Algérie ou de l’Afrique du Sud, notamment lorsque la déclaration Balfour promet en 1917 la création d’un « foyer national juif » en Palestine.
Aujourd’hui, la colonisation en Palestine, c’est d’abord la politique de l’Etat d’Israël, qui maintient les Palestiniens, de Cisjordanie, de Gaza ou des territoires de 1948, dans une situation d’infériorité dont les fondements sont ethniques et, en définitive, racistes. Mais la colonisation en Palestine concerne aussi les relations internationales : les Etats-Unis cherchent à préserver leurs intérêts dans la région à travers une politique qui prend la forme d’un impérialisme renouvelé. La question palestinienne concerne aussi la France et les Français. En effet, la France joue un rôle non négligeable dans la création de l’Etat d’Israël et, aujourd’hui, dans le soutien apporté à cet Etat. Au sein de la société française résonnent aussi les échos du conflit israélo-palestinien : la cause palestinienne est largement perçue à travers le prisme de l’imaginaire colonial qui perdure en France et qui révèle des tensions entre différentes parties de la société française.

http://www.palestine-diplo.com/spip.php?article284&debut_articles=20

Écrit par : Jan Boeykens | 23/02/2013

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