16/08/2007

Affaire Dutroux et consorts


Julie et Melissa - Dix semaines après leur disparition
Les parents accusent

pic8"Sentiment de révolte", "lacunes", "improvisations", "silences insupportables de la juge d'instruction"... Les parents des deux petites disparues ne doutent pas que policiers et gendarmes travaillent à retrouver leurs filles mais ne parviennent pas "à se défaire de l'idée qu'il ne sont pas à la hauteur". Ils crient leur douleur, et accusent...

Située à deux pas de l'aéroport civil de Bierset, dans un quartier verdoyant, la maison des Russo est d'un abord accueillant. Depuis la salle à manger, lorsqu'on regarde vers la grande pelouse verte à l'arrière, on se prend vite à imaginer les deux petites disparues en train d'y jouer. C'est d'ailleurs ce qu'elles faisaient, quelques minutes à peine avant qu'elles ne s'évaporent dans la nature.

Dix semaines plus tard, le havre de paix s'est transformé en ruche fébrile. Dormant peu, se trouvant toujours à portée de main du téléphone, traquant le moindre indice, constatant aussi les lacunes évidentes des recherches officielles, les parents des petites victimes et leurs proches y sont actifs 24 heures sur 24. C'est de là qu'ils nous ont fait part de leur douleur et de leurs constats critiques.

- Comment Julie et Melissa ont-elles disparu?
- Carine Russo: C'était l'un des premiers jours où le soleil se montrait un peu. Melissa avait invité Julie à la maison. Les deux petites ont joué dans le jardin pendant une grande partie de l'après-midi. Vers cinq heures, elles ont demandé à aller se promener jusqu'au petit pont où Melissa avait l'habitude de se rendre avec ses copines. C'est à quelques centaines de mètres de chez nous. J'ai d'abord refusé parce que Louisa, la maman de Julie, venait récupérer sa fille vers 18 heures. Mais elles ont tellement insisté que, finalement, j'ai accepté qu'elles sortent pour une demi-heure. Melissa a pris sa montre et elles sont parties.

- Depuis ce moment, vous ne les avez plus revues?
- Carine: Non, rien. Plus une seule trace d'elles. A 17 heures 30, j'ai pris mon vélo avec l'intention de me rendre à leur rencontre. Je suis allée jusqu'au petit pont mais je ne les ai pas vues. Par trois fois, j'ai refait le chemin - sans plus de succès. A partir de là, j'ai vraiment commencé à m'inquiéter.

- Louisa Lejeune: Quand je suis arrivée, j'ai refait le tour du quartier en voiture.
M'arrêtant, fouillant et appelant en certains endroits. Avec Carine, nous sommes allées du côté de l'aéroport, près de leur école, dans la famille et chez des amis de la région. Personne ne les avait vues. Vers 19 heures 45, nous avons contacté la BSR de Seraing.

- Les recherches ont-elles commencé directement?
Carine: Oui. Après avoir pris notre témoignage et des photos des petites, les gendarmes ont envoyé une camionnette qui a refait le tour jusqu'au petit pont. On ne sait pas très bien ce que les forces de l'ordre ont fait par ailleurs. Toujours est-il que dans la soirée, un homme en civil est venu d'Esneux avec un chien pisteur...

Gino Russo: Il faut le dire: déjà à ce moment, on a eu l'impression que les enquêteurs pédalaient un peu dans la choucroute. Par exemple, aucun d'entre eux n'avait pensé à nous prévenir de ne pas toucher aux vêtements usagers des petites parce que cela pouvait compromettre les recherches du chien pisteur. Ils n'ont pas plus songé à relever les empreintes et microtraces (par exemple, des cheveux...) des petites dans leurs chambres.
Alors que de telles informations pourraient éventuellement s'avérer utiles dans la suite de l'enquête.

Jean-Denis Lejeune: En plus, c'était un moment où on pouvait espérer d'être épaulé par les forces de l'ordre. Mais ils semblaient autant perdus que nous. Personne ne nous a expliqué les différents scénarios possibles dans ce genre d'affaire, ni le type de recherches qui allaient être mises en oeuvre. On ne nous a pas plus prévenus qu'on allait ramasser la presse et des centaines de badauds devant la maison. D'ailleurs, quand les curieux et les rapaces de tout poil se sont amenés, c'est nous qui avons dû prendre les noms et les numéros de plaques en nous disant que cela pourrait éventuellement servir...

Gino: On pourrait en ajouter! Entre autres choses, il était frappant de constater que pendant la reconstitution il y avait trois voitures mal garées dans la rue. C'était celles de la gendarmerie.

"Il y a aussi les témoins que l'on ne veut pas entendre"

Dans la souffrance et l'angoisse que vous vivez n'avez-vous pas tendance à être un peu trop critiques à l'égard des forces de l'ordre?
Jean-Denis: Je ne crois pas. Nous avons bien conscience de la difficulté de la tâche à laquelle sont confrontés les gendarmes et les policiers. On a également bien compris que l'on était entouré d'hommes de bonne volonté, prêts à faire autant d'heures supplémentaires qu'il sera nécessaire. Mais le problème n'est pas là. En fait, nous ne parvenons pas à nous départir du sentiment que les enquêteurs ne sont pas à la hauteur. Ce ne sont pas les spécialistes dans le domaine des disparitions que l'on serait en droit d'attendre en tant que parents-victimes.

Gino: On fait bien la part des choses. Il est pas question de chercher la petite bête. Mais comment se taire quand les lacunes des recherches officielles s'imposent à nous avec une telle évidence! Il y a d'autres trucs incroyables. Par exemple, l'enquête de voisinage. Plus de deux mois après les faits, elle est toujours en cours... Au surplus, elle semble comporter pas mal d'incohérences. Il y a quelques jours, des gars de la gendarmerie sont venus me trouver pour me demander confirmation de l'adresse d'un proche. Ils voulaient l'interroger. Mais ils ignoraient que la PJ l'avait déjà fait deux semaines auparavant! Lorsque je le leur ai dit, ils ont barré le nom de leur liste. Il y a aussi les témoins que l'on ne veut pas entendre: des gens qui avaient des informations importantes, et qui aujourd'hui sont d'ailleurs prises en compte par les enquêteurs, ont d'abord été refoulés quand ils se sont adressés aux forces de l'ordre. Nous le savons parce que ces personnes nous l'ont signalé! Heureusement, il semble bien qu'aujourd'hui ce type de cas ne puisse plus se représenter. On nous a promis formellement que dorénavant tous les témoignages seraient pris en compte. Il y a aussi des lenteurs insensées: entre autres choses, la gendarmerie a mis trois semaines pour retrouver la trace d'une personne qui habite à quelques centaines de mètres de chez moi. Finalement, j'ai dû les conduire à la bonne adresse. Il y a enfin les témoignages tardifs. Je ne citerai que mon cas: j'ai été interrogé pour la première fois quinze jours après les disparitions!

Jean-Denis: Pour moi, ce fut la même chose. Il faut se rendre compte que pendant ce temps-là, les parents ont l'impression que rien ne se fait.

"Pour moi, la juge d'instruction fonctionne sous Windows"

Les enquêteurs ne vous donnent-ils pas certaines indications pour vous rassurer?
Jean-Denis: On n'apprend strictement rien de leur part. Ils nous opposent le secret de l'instruction à tout bout de champ. C'est au point qu'on ne sait même pas précisément combien de personnes travaillent sur l'enquête. Quant à savoir quel est le rythme de travail, combien d'interrogatoires, de perquisitions sont réalisés chaque jour, c'est encore plus mystérieux.

Gino: On nous dit que la moindre entorse au secret de l'instruction peut bénéficier au ravisseur éventuel s'il est un jour arrêté et jugé. C'est exagéré. Et puis, ils justifient comme cela des choses bizarres. Ainsi lorsqu'un témoin a cru avoir photographié par hasard les petites, on ne nous a même pas montré les documents! Les personnes les plus aptes à reconnaître Julie et Melissa, c'est tout de même leurs parents, non? Pas des policiers d'Anvers ou de Tongres! Vraiment, ça nous casse les nerfs, ce genre de choses.

Carine: Cela va plus loin. Quand on demande seulement des hypothèses plausibles pour expliquer les disparitions, on se contente généralement de nous balancer que "tout est possible". Et l'on doit se débrouiller avec cela.

Vous pouvez tout de même vous adresser à la juge d'instruction?
Gino: Pour moi, cette femme fonctionne sous Windows! Je n'ai pas encore trouvé le langage pour communiquer avec elle. Il n'y a absolument aucun contact. Le néant.

Louisa: On la trouve incroyablement insensible. Elle a des réactions inhumaines. La seule fois qu'on l'a rencontrée, elle nous a dit que notre dossier n'était pas le seul qu'elle avait à traiter! Par ailleurs, elle ne nous donne aucune information. Rien qui pouvait nous rassurer. La seule chose à laquelle l'on devait veiller, c'était de limiter nos contacts avec la presse. C'est bien beau de se retrancher derrière la déontologie pour ne rien nous dire du dossier, mais cette attitude est tout à fait inadaptée à notre situation. Elle oublie que nous sommes des victimes dans cette affaire!

Carine: J'espère qu'elle lira ce que vous écrirez. Que nous parviendrons à enfin dialoguer.
Il n'est pas possible qu'elle soit insensible à notre souffrance.

A aucun moment, vous n'avez ressenti de réconfort, sur le plan humain, de la part des autorités judiciaires?
Carine: Du côté de la police judiciaire, ce fut plutôt le contraire. Nous en avons assez de jouer au chat et à la souris avec des gens qui pratiquent la langue de bois. C'est tout de même de nos enfants qu'il s'agit. Certains gendarmes se sont montrés plus compréhensifs.
Nous avons trouvé des hommes derrière les enquêteurs. Il y a un dialogue, une écoute. Dans le respect le plus total du sacro-saint secret de l'instruction.

Louisa: Les gendarmes nous ont même envoyé un psychologue de chez eux. Mais cela n'a pas vraiment été une réussite. Le type en question n'est pas en cause. C'est un gars formidable. Seulement, d'emblée, il a cru bon de nous donner des conseils pour pouvoir "attendre longtemps". Alors qu'à ce moment, on se disait encore qu'il y aurait une solution rapide. Moi, cela m'a fait plus de mal que de bien. Par la suite, heureusement, ses qualités humaines ont compensé.

Carine: En fait, il n'était pas formé pour répondre à notre situation. Il s'occupe généralement de gendarmes qui ont été contraints d'utiliser leur arme... Encore une fois, c'était un homme de bonne volonté mais comme on dit, l'enfer est pavé de bonnes intentions. Rapidement, il nous a conseillé de penser à autre chose, d'aller à la piscine, de revivre normalement. C'est fou ça! Il ne se rendait vraiment pas compte. Aujourd'hui, c'est nous qui allons le visiter à l'hôpital parce qu'il a eu un grave accident de voiture.

"On a reçu 250 lettres de voyants et autres radiesthésistes. Malheureusement, c'est pas cela qui fera avancer l'enquête"

Dans un tel contexte, vous ne devez pas être tout à fait sereins?
Jean-Denis: On n'est pas près de céder à la panique. Pas plus qu'aux nombreux mirages qui s'offrent à nous. Depuis la disparition des petites, on a reçu plus de 250 lettres de voyants et autres radiesthésistes! Au moins, il y a une constante qui se dégage dans ce qu'ils avancent: les petites seraient toujours en vie. Ce n'est pas cela en tout cas qui fera avancer l'enquête! Alors c'est vrai qu'avec le temps, il y a une tension qui monte. Plus on avance, plus on se sent agressif. Au début, on vit d'espoir. Mais celui-ci s'amenuise et se transforme en colère quand on constate les carences de l'enquête.

N'avez-vous pas peur que votre énervement soit mauvais conseiller?
Jean-Denis: Facile à dire! Il faut vivre certaines situations pour bien les comprendre. Moi, c'est vrai que j'ai eu tendance à m'énerver quand on a prévenu les enquêteurs qu'un jeune de Liège avait encadré chez lui la photo des petites et qu'il déchirait les affiches les représentant en ville. C'est tout de même bizarre, vous ne trouvez pas! Alors, après avoir attendu pendant quatre jours que la PJ vérifie de quoi il s'agissait exactement, je suis allé voir moi-même chez le gars. J'aurais peut-être pas dû. C'est vrai que là je me suis énervé. En tout cas, aujourd'hui les enquêteurs me le repprochent. Mais au fond, c'est leur lenteur qui m'a poussé à agir de la sorte.

Carine: C'est vraiment une affaire bizarre parce que le type en question avait déjà eu des ennuis avec la justice. En plus, nous avons appris qu'il avait habité dans les environs immédiats de la petite Elisabeth Brichet, disparue il y a cinq ans (NDLR: voir TM de la semaine dernière), voire même qu'il l'avait connue et que sa disparition l'avait fortement perturbé. Sur ce point-là au moins, puisque c'est nous qui avions ouvert la piste, les enquêteurs nous ont dit avoir tout vérifié et que c'était négatif.

Malgré tous les dysfonctionnements que vous mettez en cause, continuez-vous à garder un peu d'espoir?
Gino: On ne peut pas faire autrement. On se dit que Perdu de vue sur TF 1, voire l'émission Faits divers de ce 13 septembre pourront peut-être apporter quelque chose... Surtout, c'est la conviction que les petites sont encore en vie qui nous permet de tenir. Et puis, il y a aussi le soutien des gens. Il faut dire combien nous sommes reconnaissants à ces inconnus qui collent un peu partout l'affiche de Julie et Melissa. C'est aussi grâce à eux que nous ne sombrons pas.

Julie.M.art58-1 ELISABETH, NATHALIE, JULIE, MELISSA...

Comme dans un cauchemar, la liste des disparitions s'allonge en Belgique. La dernière affaire en date concerne An et Eefje, deux jeunes Limbourgeoises qui se sont littéralement volatilisées après avoir assisté à un spectacle d'hypnose au casino de Blanckenberge, le 22 aôut dernier. Certains ont évoqué une thèse selon laquelle les jeunes filles seraient restées sous hypnose après avoir participé activement au spectacle du mage Rasti Rostelli. Mais les responsables du service de psyschiatrie de l'hôpital Brugmann interrogés par la presse sur ce point estiment qu'il s'agit là d'une piste plutôt "romanesque". En attendant mieux, l'ASBL Marc et Corinne (041/52.73.97) a d'ores et déjà commencé une nouvelle campagne d'affichage.

Michel Bouffioux 15-1-2005
'Affaire Dutroux et consorts' (070995)
Interview publiée dans l'hebdomadaire belge "Télémoustique", le 7 septembre 1995

http://michelbouffioux.skynetblogs.be/post/849171/affaire...

16:06 Écrit par Jacques dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags : dutroux |  Facebook |

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McCann: le porte-parole de la police portugaise, écoeuré, a démissionné
Richard Branson donne 150.000 euros pour aider les parents

Les époux McCann ont recruté un prestigieux cabinet d'avocats londonien pour assurer leur défense.


Richard Branson, le médiatique patron du groupe britannique Virgin, a offert 100.000 livres (150.000 euros) aux parents de la petite Madeleine McCann, disparue en mai, pour payer leur défense contre les accusations de la police portugaise, indique dimanche le Sunday Times. Le journal publie par ailleurs un sondage de l'institut YouGov révélant que seuls 20 pc des personnes interrogées estiment les parents totalement innocents. Près de la moitié d'entre elles (48 pc) croient qu'ils pourraient être responsables de la mort de leur fille, peut-être de manière accidentelle. Trente-deux pour cent disent ne pas s'être formés d'opinion.

L'argent offert par M. Branson servira à couvrir à la fois les honoraires d'avocats et les dépenses de relations publiques engagées par Kate et Gerry McCann, parents de la fillette de quatre ans qui ont été mis en examen au Portugal. M. Branson, qui entretient des contacts réguliers avec le couple, compte réunir autour de son nom d'autres millionnaires afin d'abonder le fonds, espérant lever un million de livres (1,5 million d'euros).

"Sir Richard veut faire en sorte que les McCann aient accès aux meilleurs conseils juridiques. Cela facilitera un processus judiciaire équitable et permettra que tous les faits soient connus", a indiqué au journal une source proche du millionnaire.

Les époux McCann ont recruté un prestigieux cabinet d'avocats londonien pour assurer leur défense mais ont renoncé à puiser dans le fonds mis en place pour rechercher Madeleine pour payer ces frais.

Un porte-parole de la famille a annoncé samedi le lancement dans les prochaines semaines d'une nouvelle campagne d'affichage en Europe pour aider à retrouver leur fille. D'un coût estimé à 80.000 livres (environ 120.000 euros), la campagne sera financée par le Fonds Madeleine d'un million de livres (1,45 million d'euros).

La Libre Belgique
BELGA
16/09/2007

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Police portugaise: Le porte-parole de la police portugaise, écoeuré, a démissionné

Officiellement, M. Sousa s'est retiré de l'affaire car il est porte-parole de la police et que l'affaire est maintenant entre les mains du ministère public.


Le porte-parole officiel de la police portugaise dans l'affaire de la disparition de la petite Madeleine McCann a démissionné, selon la chaîne de télévision britannique Skynews. L'inspecteur principal Olegario Sousa aurait démissionné vendredi car il était écoeuré par la manière dont les parents de Maddie sont traités.

Gerry et Kate McCann sont formellement suspects dans l'affaire. Dans une série d'articles de journaux, le couple est accusé d'être lié à la disparition de Maddie. Les parents ont, d'ailleurs, l'intention de poursuivre un journal portugais qui a écrit que la police les soupçonnait d'avoir tué leur fille. M. Sousa aurait notamment été excédé par le fait que des policiers ont donné des informations à la presse destinées, selon lui, à déstabiliser le couple britannique, a rapporté la chaîne de télévision britannique.

Officiellement, M. Sousa s'est retiré de l'affaire car il est porte-parole de la police et que l'affaire est maintenant entre les mains du ministère public.

La Libre Belgique, 17/09/2007

Écrit par : Rudi Claessens | 18/09/2007

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McCann: Pas d'auditions supplémentaires pour les parents
LE MONDE | 20.09.07

Pour le procureur général du district d'Evora (Portugal), Luis Bilro Verao, rien ne justifie, en l'état du dossier, que Kate et Gerry McCann - les parents de Madeleine, 3 ans, disparue le 3 mai à Praia da Luz - soient entendus de nouveau par la justice portugaise. Il s'appuie sur le dossier remis par les policiers le 11 septembre. Après les interrogatoires des parents, menés le 7 septembre par la police judiciaire de Portimao, "il n'existe pas de nouveaux éléments de preuve qui justifieraient des interrogatoires supplémentaires", a-t-il déclaré, mercredi 19 septembre.


Kate et Gerry McCann restent placés sous statut de suspects.

"Cette mesure n'a pas été modifiée, car elle est adaptée aux éléments de preuve recueillis", a souligné le magistrat. Il a assuré "que les investigations allaient se poursuivre" sans qu'aucune piste ne soit écartée : meurtre ou enlèvement.

Les époux McCann, rentrés en Grande-Bretagne le 9 septembre, ont fait appel à un nouveau porte-parole. Clarence Mitchell, qui avait déjà travaillé sur l'affaire en mai avant d'être recruté par le premier ministre, Gordon Brown, au service de presse du 10 Downing Street, a démissionné de ce poste le 18 septembre pour retourner aux services des McCann. Commentant l'annonce du procureur, il a estimé qu'elle semblait "encourageante".

Yves Bordenave (avec AFP)

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1- href="mailto:0@2">0@2-3214,36-957484,0.html?xtor=RSS-3214

Écrit par : Raymond | 22/09/2007

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Victor HISSEL L’Etat belge condamné dans l’affaire de la disparition de Gevrije Cavas (archives)


Le 6 février 1985, le petit Gevrije CAVAS quittait son domicile de Molenbeek en fin d’après-midi pour rejoindre son frère parti jouer au football avec des copains ; il n’est jamais revenu.

L’enquête du parquet de la jeunesse de Bruxelles s’est déroulée de façon très classique (pour l’époque), sans considération véritable de la situation dramatique de ce jeune enfant et de sa famille, qui plus est de nationalité et de langue araméennes (turques).

En 1997, soit quelques douze années plus tard, alors qu’aucun résultat n’a pu être engrangé, l’affaire est (enfin) mise à l’instruction, sous la pression de l’opinion secouée par l’affaire « Julie et Mélissa » et ses suites (comme le relèvera le Tribunal).

Depuis lors, cinq juges d’instruction différents, de sensibilités diverses, se sont succédés, sans plus de résultat concret, desservis par le temps perdu.

Aujourd’hui, « l’enquête se poursuit » sans que l’on sache trop bien sur quels éléments et dans quelle direction, puisque le délai maximum de prescription (deux fois dix ans) est dépassé.

C’est dans ce contexte que la famille de Gevrije a introduit en 2002 une action judiciaire civile contre l’Etat belge, pour les fautes et manquements commis dans le cadre de l’enquête, en réparation des préjudices qu’elle estime avoir subis de ce fait.

Par un jugement (toujours susceptible d’appel) rendu le 29 novembre dernier, la 71ième chambre du tribunal de première instance de Bruxelles a fait droit, dans une certaine mesure, à cette demande de réparation.

Il s’agit d’une « première », puisqu’il n’existe aucun précédent de condamnation de l’Etat belge pour motifs de manquements dans la conduite d’une enquête pénale [1].

Vous pouvez consulter, au bas de cet article, l’intégralité de ce jugement.

Victor HISSEL
15 décembre 2006


Sur le site du Réseau des Comités Blancs, le témoignage de Besim Cavas, frère de Gevrije, lu au Sénat le 20 octobre 2006.

Rubrique: DEFENSE DES VICTIMES

Écrit par : Etienne | 19/02/2008

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GEVRIJE CAVAS lundi 27 novembre 2006

Témoignage de son frère Besim Cavas


Bonjour,

J’ai une histoire à vous raconter, mon histoire. J’aimerai que vous lisiez mon histoire jusqu’à la fin. Il y à 22 ans disparaissait Gevrije Cavas, (Gabriel ) à l’âge de 5 ans.

Un enfant né le 20 avril 1979, un araméen, il avait quitté le domicile sans autorisation à Molenbeek-Saint-Jean pour suivre son frère qui jouait au football dans les environs.

Ce frère que Gabriel à voulu rejoindre c’est moi Besim. Essayez d’imaginez 2 secondes la culpabilité que je ressens depuis toutes ses années. Et essayer de continuer à vivre avec cette culpabilité. Peut-être avez-vous entendu cette histoire, sous le nom du jeune Turc disparu à Bruxelles .

Nous venions tout juste d’arriver en Belgique, nous n’étions que des réfugiés.

Déjà 22 ans, malgré le délai de prescription qui vient à terme Le délai de prescription d’un crime est de dix ans. Toutefois, en raison d’actes interruptifs, comme les actes d’enquête, ce délai peut être prolongé d’un nouveau délai équivalent au premier. Si la fin du délai légal de prescription vient à terme, il n’est pas exclu qu’un éventuel auteur d’enlèvement puisse être jugé si d’autres faits ultérieurs à cet hypothétique enlèvement serait mis au jour. L’ensemble de ces faits, relatifs à une même affaire, serait alors jugé conjointement. C’est pour cela que ma famille a porté plainte contre l’état belge, en 2004 Pour non-assistance à enfant en danger, lenteurs et négligences. On doit attendre la fin de la procédure criminelle, c’est-à-dire un délai de 20ans après les faits pour statuer.

C’est scandaleux, mes parents ont déjà vécu trop de souffrances On ne peut pas leur demander d’attendre toutes ses années et encore et encore Toute notre vie, s’est arrêté le jour de sa disparition. L’Etat n’a pas fait son devoir, il mérite une amende. Aussi élevée que les amendes qu’il impose maintenant pour les infractions à la sécurité routière et qui peuvent vous ruiner complètement. Et là, soyez sûrs qu’on ne vous laisse pas vingt ans pour payer. L’Etat pense avant tout à remplir ses caisses. Moi, je pense aux enfants d’abord.

Et c’est en 2004 après notre plainte bien sûr, que les enquêteurs ont fouillé une maison celles d’un pédophile. La maison fouillée se situe dans le quartier où vivait ma famille à l’époque. Elle appartient W.D, 58 ans un homme condamné en 2002 à 6 ans de prison pour des faits de pédophilie. En fait, cet homme est le dernier à avoir vu Gevriye vivant. Dans cette maison de Molenbeek, on est à la recherche de mon frère. Cet homme s’était présenté comme témoin à l’époque de la disparition de mon frère Il avait déclaré avoir vu Gabriel avec une gitane à la gare du Midi, fausse piste ! !

Mais les enquêteurs n’ont pas cherché à savoir qui était vraiment ce témoin. Et c’est des années plus tard qu’on se rend compte qu’il est pédophile et qu’on commence à s’interroger. Les autorités se soucient plus de leur image de marque que du sort des enfants et de la souffrance des familles.

Notre affaire n’a été médiatisée qu’en 1996, après l’arrestation de Dutroux Notre affaire n’a été mise à l’instruction que le 22 mai 1997 ! Soit 12 ans après ! Qu’on-t-il fait pendant ses années ?

Et on voudrait me faire croire après tous cela qu’aucune erreur judiciaire n’a été commise.

Moi Besim, on m’a interrogé à l’époque pendant presque 6 heures je n’avais à l’époque que 7ans on me demandait ou j’avais caché mon petit frère, à mon âge je n’aurais jamais pu cacher un enfant de 5ans, et dans quel but ? Je l’aimais tellement mon petit frère A 7 ans on réalise la douleur de sa famille, le stress, l’angoisse, c’est l’horreur je vous assure il n’y à rien de pire à vivre, on ne peut même pas imaginer cela dans nos pires cauchemars,

Mon frère Gevrije avait disparu, voilà la réalité

Et chaque jour qui à suivis sa disparition, on l’a attendu, A chaque appel téléphonique on espérait une bonne nouvelle, à chaque fois qu’on croisait un enfant dans le quartier on espérait le reconnaître, et cela fait 22 ans que cela dure.

Mais aujourd’hui à qui ressembles-tu toi Gevrije ?

Vous trouverez ci-joint des extraits de la dernière heure afin de mieux comprendre les erreurs commises dans notre dossier.

22/03/2002 : Cinq pédophiles au moins vivaient dans leur quartier de la rue Ransfort. Dans les années 1990, des enfants - ayant grandi - ont raconté comment l’un d’eux en particulier s’était livré sur eux à des abus sexuels. Au point qu’ils l’avaient surnommé le Cochon. En 1997, le Cochon a été condamné à sept ans. Ses sept victimes identifiées n’avaient pas dix ans. Nous avons enquêté sur cette période - entre 1983 et 1988. Et nous avons découvert que pendant ces cinq années, le Cochon avait déménagé sept fois mais sans jamais quitter ce quartier de Molenbeek à un moment, le Cochon a même habité en face, aux numéros 6 puis au 29 puis au 141, puis encore au 96, juste en face des Cavas. Tout ça dira-t-on ne prouve rien. Pas plus que ce témoignage d’un de ses anciens amis qui se souvient très bien l’avoir vu, à une époque qu’il ne peut, hélas ! Préciser, se débarrasser d’un sac-poubelle en le jetant dans le canal qui n’est pas loin. Ce ne sont que des questions.

En 2002, le pédophile est toujours détenu. Il devrait être libéré l’année prochaine. C’était comme ça l’époque. Tout était si bien cloisonné que les gendarmes qui s’occupaient de l’enquête n’ont jamais su que des collègues de la PJ de Bruxelles enquêtaient de leur côté depuis des années sur la disparition inexpliquée d’un enfant du quartier. Aucun rapprochement ne fut donc fait !

22/12/2002 : L’inspecteur Dooms, en revanche, a décidé tout seul, en 1989, de reprendre à zéro le dossier Cavas. Il ose le dire : `A l’époque, c’est une affaire dont tout le monde se fichait pas mal. J’ai même eu droit à des remarques racistes. Je me souviens d’un coup de fil où l’on me conseillait de m’occuper des gosses belges et pas des enfants d’étrangers. Ce qui a manqué au départ, c’est une enquête de quartier

23/01/2003 : Le juge d’instruction responsable du dossier refuse de procéder à plusieurs devoirs d’investigation que la police fédérale estime utile. La police fédérale qui prévoyait d’effectuer toute une série de recherches en a fait part au magistrat instructeur qui a refusé. Et pour que tout soit clair, il l’a fait par jugement motivé - ce qu’on appelle une ordonnance contraire. Au parquet de Bruxelles, le dossier Cavas est suivi par la chef de la section famille-jeunesse, le 1er substitut Nadia De Vroede. La magistrat n’a visiblement pas accepté ce refus du juge dans une affaire quand-même de disparition d’enfant ! Et pour essayer que ces recherches soient néanmoins menées, bref pour passer outre, le parquet a pris des réquisitions complémentaires : le différend sera tranché - à huis clos - par la chambre des mises en accusation. Dans la matière judiciaire, le ministère de la Justice ne permet pas aux juges d’instruction de s’exprimer sur des dossiers en cours.

Du coup, nous ignorons les motifs pour lesquels le magistrat a subitement refusé à des policiers d’enquêter dans un dossier qui ne sera prescrit qu’en 2005.

A priori, le refus paraît d’autant plus incompréhensible que les devoirs suggérés n’étaient pas coûteux. Il ne s’agissait pas d’envoyer des policiers en commission rogatoire à l’autre bout de la planète. Mais, par exemple, de soumettre un pédophile au détecteur de mensonges, un pédophile qui habitait le quartier à l’époque de la disparition du petit Gevrije et serait disposé à relever le défi : le détecteur permettrait d’éliminer une piste.

6/02/2005 : Je n’ai pas de nouvelles récentes du dossier », a indiqué vendredi Me Victor Hissel. Je n’ai jamais été informé des résultats des dernières fouilles, mais je suppose qu’elles n’ont rien donné. Des je suppose encore et encore

Et enfin on se retrouve à la date du mercredi 8 novembre 2006 ! Au tribunal de Bruxelles chambre 71, moi bien sûr, mes parents ainsi que mes frères et sœurs qui se sont déplacés de l’étranger (Autriche, Hollande, Liège, Bruxelles,...) On à tous été convoqués par la justice, mais à quoi bon Une fois de plus ma déception était grande, premièrement de n’avoir vu aucun journaliste présent sur les lieux , et ensuite de ne pas avoir eu la possibilité de m’exprimer devant le juge

Pouvoir lui raconter notre calvaire depuis 22 ans, car on à perdu Gabriel mais aussi notre maman le même jour, il faut s’avoir que même si on est une famille nombreuse un enfant ne remplace pas un enfant disparu ! ! Maman à continuer à vivre si on peut appeler cela ainsi pour nous ses autres enfants, mais à continuer à vivre surtout dans l’espoir de revoir Gabriel, de le retrouver c’est là qu’elle à chercher ses forces pendant toutes ses années. Dans l’espoir, sa vie ne tient plus qu’à cela car il est difficile évidemment de faire un deuil à partir du moment ou il n’y pas de corps, pas d’enterrement, donc il est difficile de vivre dans de telles conditions ! J’ai peur qu’elle nous quitte un jour sans savoir ce qui s’est passé C’est pour cela que je continue à me battre aujourd’hui.

Je tiens quand même à remercier l’inspecteur Jean Dooms, qui est venu nous rendre visite régulièrement à la maison. Il à compris notre chagrin et notre impuissance face à cet Etat si, apparemment intouchable. Je remercie également Gilbert Dupont, journaliste de Dhnet.

Merci pour l’attention que vous porterez à mon courrier, Je reste disponible pour toute information complémentaire. Ceci est un appel à l’aide Qui peut nous aider afin que notre dossier ne tombe pas dans l’oubli ? Notre dossier ne peut être classé tant que je serai vivant, je me battrai pour cela Pour mes parents, ma famille,

Mais aussi, pour toi Gevrije, on ne t’oubliera jamais ! Et pardonne--moi de ne pas t’avoir attendu, j’aurai su te protéger, Gevrije on t’aime

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Réflexions sur le statut de victime et accès de la victime aux droits de l’homme.
Réponse au Soir du 13.04.2005 et au Journal de 13h du 14.04.2005 de RTLtvi
A l’invitation de l’Association "ESTELLE" : Rassemblement-Forum
Constitution de Partie Civile dans le dossier de Tiffany Warnotte

Écrit par : Etienne | 19/02/2008

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La décrédibilisation de Me Hissel
10 avril 1998

La Dernière Heure parle d’une nouvelle plainte déposée contre Me Victor Hissel pour outrage à magistrat. Celle-ci vient s’ajouter, explique F. Jacquet, à "une longue série de plaintes déposées auprès du bâtonnier (liégeois) M. Rigot" et qui émaneraient "soit de certains de ses collègues, soit d’autres personnes ayant un grief à l’encontre de Me Hissel".

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Nos observations : Cette focalisation médiatique sur Victor Hissel ne semble pas avoir d’autre objectif que sa décrédibilisation. Il s’agit en fait d’une époque où l’avocat Hissel, conseil des parents Russo-Lejeune, se montrait particulièrement actif à la défense de Julie et Mélissa (dans le dossier de Neufchâteau). Il est également à noter que durant toute cette période, Victor Hissel effectuait seul le travail de défense des parties civiles puisque aucune autre famille que les Russo et les Lejeune n’étaient constituées parties civiles à Neufchâteau. Déstabiliser le seul avocat de parties civiles dans le dossier de Neufchâteau à s’opposer aux multiples avocats des inculpés, revenait à priver tous les enfants disparus de l’affaire Dutroux & Co de défense. A l’époque, contrairement à mars 2003, où la presse se mit à déplorer l’absence de défense de certaines parties civiles à la Chambre des Mises en Accusation de Liège, il n’y eut personne pour relever l’aspect choquant et lamentable d’un tel déséquilibre ! A l’orée d’une procédure de dessaisissement de certains dossiers de Neufchâteau, cette situation était pourtant aussi intolérable, sinon plus, qu’en fin de procédure, cinq ans plus tard. Empêcher le dessaisissement/saucissonnage de ce dossier était un devoir essentiel pour la sauvegarde de l’enquête sur les enlèvements d’enfants et partant, à la manifestation éventuelle de la vérité. Car après, ce premier saucissonnage, l’enquête, amputée de certains de ses volets les plus importants, ne pouvait plus laisser présager de sa bonne finalité. La décrédibilisation de Me Hissel, à cette époque précise, orchestrée par le judiciaire et relayée par certains grands médias, privait de sa seule arme juridique la défense de la vérité ardemment souhaitée par les parents de Julie et Mélissa. Les conséquences de cette nouvelle intoxication médiatique seront fatales à l’enquête, en ce moment crucial. Il semble qu’aujourd’hui encore, rares sont ceux qui l’ont compris.

Asbl Julie et Mélissa - Chronique d'une enquête étouffée (8)

- http://www.juliemelissa.be/spip/article.php3?id_article=231
- http://www.observatoirecitoyen.be/article.php3?id_article=611
- http://www.dhnet.be/infos/faits-divers/article/199054/l-etat-n-est-pas-responsable-de-la-mort-d-an-et-eefje.html
- http://werkgroep-morkhoven.skynetblogs.be/

Écrit par : Jacqueline | 24/02/2008

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Entretien avec Jean-Denis Lejeune Julie et Mélissa: Entretien avec Jean-Denis Lejeune

Douglas de Coninck, De Morgen, 23 juin 2001 (extraits)

Dimanche 24 juin, ce sera le sixième anniversaire de la disparition de Julie Lejeune (8 ans) et de Mélissa Russo (8 ans). Quelques centaines de sympathisants se rassembleront A nouveau près du pont désaffecté de Grâce-Hollogne. C'est le dernier endroit où on les a vues. "Je me sens toujours misérable lorsque cette date approche", soupire Jean-Denis Lejeune "Aujourd'hui encore. Cela ne passe pas. Vous savez, ce jeudi (23 juin 1995) elle était rentrée avec un mauvais bulletin. Pour la punir, je lui avis confisqué son cd, un cd de musique de danse. Je me souviens encore de l'air. C'était l'air d'une danse qu'elle devait exécuter à l'école avec Mélissa . Elles avaient rendez-vous le lendemain pour répéter chez les Russo."

"Le soir elle s'est couchée en pleurant. " J'ai vraiment fait de mon mieux, papa ". Votre cœur se brise un peu parce que vous savez que c'est vrai, mais enfin… Vous avez pris une décision. Le lendemain matin je lui ai évidemment rendu son cd. Mais le fait reste. La dernière nuit qu'elle a passée dans son lit elle était malheureuse. Je ne pourrai plus jamais rien y changer."
Que savez-vous de ce qui est arrivé après cela ?

"Que son corps a été retrouvé avec celui de Mélissa le 17 août 1997, enterrés dans le jardin de Michèle Martin à Sars-la-Buissière. C'est à peu près tout. Et je continue à me poser les mêmes questions: qui l'a enlevée, comment, pourquoi et - surtout - pour qui ? Ce sont des questions auxquelles le dossier du juge d'instruction Jacques Langlois n'apporte aucune réponse. Et je ne pense plus que les réponses à ces questions viendront. Le maximum que nous puissions espérer est que l'enquête perce à jour les mensonges de Dutroux. Alors au moins nous saurons comment cela ne s'est pas passé."
Dutroux affirme qu'il n'a pas enlevé les enfants.

"Il dit : "on" m'a apporté ces deux enfants. Ecoutez-le et mettez vous à la place du jury qui devra entendre ce récit et juger Dutroux aux assises. Dutroux se dépeint, dans ses interrogatoires, comme le "sauveur" des enfants. Quand "on" les lui a apportés, il a simplement décidé de les enfermer dans sa cave, une cave qu'il avait - pour mémoire - préparée et aménagée à l'avance. Car on ne sait jamais si quelqu'un ne va pas vous amener deux enfants enlevés; il faut un endroit où les cacher…"
"Ensuite, il raconte qu'il a trouvé les filles mignonnes, qu'il a toujours voulu avoir des petites filles.

Bref, c'était une sorte d'agrandissement de la famille. Mais il y avait le méchant Bernard Weinstein (ami de Dutroux) qui voulait tuer les enfants. "J'essayais de les protéger", prétend Dutroux. Et son récit continue. Dutroux est arrêté en décembre 1995 pour vol de voiture. Les enfants sont encore dans la cave. Il prétend avoir donné de l'argent à plusieurs personnes pour aller nourrir Julie et Mélissa.

Voilà son histoire, grosso modo. Laissons le jury juger."

http://www.radicalparty.org/belgium/index.htm

Écrit par : Raymond | 29/02/2008

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'La raison d’Etat': Interview de Carine et Gino Russo (1)

le 4 octobre 2002
Extraite du livre d’Erik Rydberg "Nom de Code Neufchâteau" [1], cette interview a été réalisée le 8 septembre 1998 en tandem avec David Coppi pour le journal LE MATIN. Toujours d’actualité, en tout cas en ce qui concerne l’enquête de Neufchâteau, elle nous semble avoir tout à fait sa place sur notre site.


Un procès écran

La date du procès Dutroux ne cesse de faire des va-et-vient. On a dit 1998, on a dit 1999, on a dit 2000…

Gino Russo : Je peux garantir qu’on en a minimum pour deux à trois ans avant que l’enquête ne soit terminée.

Pourquoi ces dates alors ?

Carine Russo : Cela donne une impression de fin…

Gino Russo : Tous les moyens sont bons pour passer à autre chose, n’est-ce pas ?

Le procès est présenté comme un aboutissement…

Gino Russo : Oui. Mais ce ne le sera pas pour nous. D’ailleurs, aujourd’hui, je pense qu’on est d’accord tous les deux : notre état d’esprit, c’est de ne pas y aller. D’ici là, cela peut changer. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Mais, donc, maintenant, je ne vois pas pourquoi j’irais à ce procès.

Pourquoi ?

Gino Russo : Je peux m’en expliquer. On a eu un avocat. Quoi qu’on en pense, on l’a quand même assez emmerdé dans son boulot. Pourquoi ? Parce que, c’est vrai, il est un peu marginal et qu’il a d’abord essayé de satisfaire ses clients, pas nous finalement, mais Julie et Mélissa. Cela n’a pas plu au Barreau et chez les magistrats.

Carine Russo : Il pensait plus à la justice qu’aux procédures judiciaires…

Gino Russo : On en a eu la démonstration dans cette affaire. Toutes les parties devraient chercher la vérité. Ce n’est pas comme cela que cela se passe. C’est de la procédure. C’est travailler sur le manque de preuves, le non-lieu au bénéfice du doute. Uniquement cela. On ne travaille que sur le bénéfice du doute.

Carine Russo : Voyez le déséquilibre entre les victimes et les inculpés restants, auquel le "petit Franchimont" ne change pas grand chose : ce qu’il donne aux victimes, il le donne aussi aux inculpés et l’écart reste le même. Les raisons pour nous dire ’non’ restent aussi grandes.

Vous avez dit justice ?

Parmi les inculpés, il y a aussi, et surtout, la petite délinquance qui constitue le tout venant des tribunaux. Leur sort mérite d’être amélioré, non ?

Carine Russo : Certainement.

Gino Russo : D’accord, mais lorsqu’on voit le système judiciaire, ses lenteurs, son travail bâclé : où se trouve la justice ? C’est toujours le présumé coupable qui est gagnant. Puisque l’autre partie, qui est victime, n’a pas accès au dossier et ne sait pas se défendre. La balance va toujours pencher vers l’auteur de l’acte. L’idée est que chacun dispose des mêmes armes. Cela me paraît basique. Mais, du côté de la magistrature, on est très conservateur. Ce sont toutes des lois qui datent de Napoléon.

Carine Russo : En principe, c’est le ministère public qui s’occupe de la victime. Il doit la défendre mais aussi l’ordre public. Résultat : nous, qu’est-ce qu’on est ? Pas grand chose. Pas des individus, en tout cas.

La victime, pour vous, c’est important ? Comment expliquez-vous cet engagement aux côtés des victimes ?

Carine Russo : Je crois que le problème des victimes, qui n’ont pas du tout le sentiment qu’on leur rende justice dans le système judiciaire actuel, est un problème conséquent. Il faut arriver à tenir compte de toutes ces lacunes, et de ce sentiment de manque qui se généralise par l’augmentation incessante du nombre de victimes. Ajoutez que les gens se sentent de plus en plus responsables et critiques. Heureusement… On ne se laisse plus écraser sous le poids de ce qu’on a subi, par le poids de l’institution. On garde plus profondément son besoin de justice et, donc, voilà, on s’est rendu compte, assez généralement, que cela ne fonctionne pas – on l’a vu assez récemment dans une compilation des émissions de "Faits divers" (RTBF). Ils sont allés rechercher des situations judiciaires oubliées, après les procès, en revoyant les familles pour vérifier quel est leur sentiment. Ont-ils le sentiment que la justice a fait quelque chose pour elles ? Eh bien, non. Vous savez, ce jeune Marocain qui a été tué, il y a quelques années. Il a perdu la vie. La famille a perdu un des siens. Et cela donne quoi ? Rien. Un procès, oui. Mais pour le reste, rien.

Mais votre propre engagement ?

Carine Russo : On le prend à coeur depuis le départ. Ce n’est pas quelque chose qui s’éteint comme cela. Pour nous, il n’y a pas grand chose qui a changé.

Gino Russo : Je crois que depuis le début, au niveau politique et judiciaire, ils savent très bien ce qu’on demande. Ce n’est pas le problème qui a surgi en 1995, c’est un vieux problème ce déséquilibre. C’est lié à la dignité et à l’Etat de droit, la démocratie. Auquel il faut donner un sens. Nous, on fonctionne d’après notre Etat de droit et d’après notre démocratie. On utilise tout le temps le mot… Il faut une justice et il faut un équilibre. C’est basique ce qu’on dit.

Carine Russo : Il y a quelque chose qui commence à changer assez bien et c’est l’accueil. Aujourd’hui, on est extrêmement bien reçu partout où on va.

Gino Russo : Obtenir un rendez-vous chez le ministre ; on a un peu un statut de privilégiés.

Carine Russo : Ce n’était pas le cas avant. On vous répond très vite, le rendez-vous est accordé rapidement, tout cela sont des choses qui ont très bien évolué. Mais on ne sait pas ce qu’il en est des autres.

Écrit par : Werkgroep Morkhoven | 18/05/2008

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'La raison d’Etat': Interview de Carine et Gino Russo (2) ’accord octopus ? Du vent

Les conservatismes : vous en avez à qui, plus particulièrement ?

Carine Russo : C’est surtout une mentalité, au niveau tant politique que judiciaire.

Gino Russo : Dans la magistrature, ils sont conservateurs, même les plus progressistes d’entre eux. Ils sont conservateurs, il n’y a pas à y revenir. Et le législatif, je l’ai remarqué et je l’ai vécu, manque singulièrement de force. C’est déplorable. La séparation des pouvoirs : on en doute très fort lorsqu’on voit cela de près. Le parlement doit absolument retrouver son rôle et, par moment, faire abstraction de leur parti. Cela, ils ne sont pas encore capables de le faire. Cela m’a choqué. Cet organe qui paraît presque inutile. Je n’invente pas. J’en ai eu confirmation par plusieurs parlementaires, même du président de la Chambre, M. Langendries, qui se dit très inquiet. Au parlement, on mettra trois personnes et ce serait bon : on en est là. Deux de la majorité et un de l’opposition, tout le reste ne sert à rien.

On vous rétorquera qu’un grand travail a été réalisé. L’octopus, l’accord sur la réforme de la justice et des polices…

Gino Russo : Il faut comprendre que retravailler la structure policière, tout le monde s’en fout. Pour eux, finalement, c’était plus facile. Les gens veulent que cela fonctionne. Ils s’en foutent qu’on change les noms et qu’on change de chaise. Ce qu’ils veulent, ce sont des lois : protections des témoins, loi sur les repentis, accès au dossier. Des choses concrètes, quoi ! Qui fassent avancer les enquêtes : plus d’outils pour les enquêteurs. J’en ai côtoyé assez, et non des moindres : nous, on n’a pas d’outils ; voilà ce qu’ils disent. C’est cela qu’il faut. On nous fait un foin de la réforme, mais qu’est-ce qu’on change ? Les chaises et les étiquettes. Un accord historique octopus ? On en a fait un barnum mais on reste au stade du théâtre. Quand on voit le ministre de la Justice, Tony Van Parys faisant une conférence de presse sur ses projets de loi, on ne sait jamais quand ils deviendront réalités. Qu’il fasse sa conférence quand tout est voté ! Ce serait beaucoup plus intéressant.

Octopus, poudre aux yeux. Sans plus ?

Gino Russo : On ne dit pas cela. Il y a ici et là des progrès. Mais, à mon sens, au niveau politique, il y a de la stratégie mathématique. Je suis assez d’accord avec certains Ecolos qui se disent éjectés des négociations parce qu’ils prenaient trop de place…

Paniquante prise de conscience

Ecolo, justement. Vous êtes dehors ou dedans ?

Gino Russo : Ils ont déjà eu des réponses claires. Je comprends qu’ils aimeraient nous avoir mais, d’un autre côté, nous préférons rester des représentants de la société civile plutôt que de devenir des politiques purs dans les structures. Cela dit, on fait de la politique pratiquement tous les jours. Tous les partis traditionnels se sont rendus compte qu’ils sont en danger. Il y a une crise de confiance. On est tous dans le même bateau. Je schématise mais l’accord octopus, c’est : les gars, il faut absolument faire quelque chose pour redonner confiance au citoyen, donc, accord historique, tout le barnum. Quelque part, c’est logique. Je ne dénonce pas la pratique. Je fais un état des lieux, qui me paraît clair. Ils ne pouvaient pas continuer leurs bagarres inutiles et idiotes…

Si on vous comprend bien : un accord pour couper l’herbe sous les pieds d’Ecolo ?

Gino Russo : Couper l’herbe, oui, mais aussi à cause de la crise de confiance à l’égard des partis traditionnels. Il ne faut pas se voiler la face.

La confiance, dites-vous. La commission d’enquête parlementaire a été créée pour qu’elle puisse renaître, justement. Là-dessus, miracle politique : la commission et son lent processus de réconciliation sont oubliés au profit d’un mécanisme vieux comme le monde politique. A défaut de pouvoir restaurer la confiance, on la décrète, unilatéralement : c’est l’accord octopus…

Gino Russo : Je pense effectivement qu’ils sont allés un peu vite en besogne. Le manque de confiance reste aussi profond. Je pense qu’ils ont tous eu peur. Chacun dans son parti. Car ils voyaient les élections s’approcher. Il est normal que le monde politique ait fait bloc…

Pour des raisons électorales seulement ?

Gino Russo : Notamment. N’oublions pas que l’appareil d’Etat ne peut pas se permettre, vu la position géopolitique de la Belgique au sein de l’Europe (rire) : il y a dû avoir des pressions des pays voisins… Mais il faudrait qu’on m’explique : je suis chez le ministre des Affaires étrangères Derycke, on me dit que la Belgique est le deuxième pays le plus riche d’Europe, là-dessus, on embraie sur le Soudan et soudain, c’est : on n’a pas d’argent… C’est toujours ainsi. Tous les problèmes sont déviés par l’argent. C’est assez fatigant. Qu’il s’agisse du judiciaire, des affaires étrangères ou de l’enseignement, tout le temps, c’est l’argument de l’argent.

Solidarité sans frontière

Vous êtes partis en mission au Soudan. Qui trop embrasse, mal étreint ?

Gino Russo : Notre préoccupation, c’est l’enfant. L’enfant, c’est aussi la démarche citoyenne qui consiste à leur faire comprendre les problèmes. Arrêter d’être spectateur. Etre dans l’événement. Se mettre devant la télé, dire que c’est triste, pleurer : on reste spectateur. C’est une erreur. Nous faisons partie des événements. Parce qu’il est toujours possible d’agir. Même si c’est très peu : beaucoup de très peu peuvent faire bouger les choses. L’aspect solidarité, ce doit être à toutes les échelles.

Carine Russo : On ne peut pas être toute sa vie, de génération en génération, passif devant tous les événements et de plus en plus subir : jusque où ? Jusque quand ?

Gino Russo : Le Soudan, c’est des morts banalisés. Une minute trente au JT. Tandis que Clinton et Diana, vous en avez pour toute la semaine. C’est absurde. C’est une faillite. Il y a un problème dans l’information. Et de mentalité, parce que même bien donnée, l’information ne sera pas nécessairement lue et suivie. C’est le problème de fond. Cette résignation… Nous représentons, enfin je l’espère, une attitude qui est de dire non. Non, ce n’est pas comme cela. Non, cela on ne peut pas accepter. On représente un peu le refus de la fatalité. Parce que nous sommes convaincus qu’on peut, non pas changer, mais faire évoluer les choses dans un sens positif.

Carine Russo : Tout le monde admet que l’écart se creuse dans les inégalités. Ici, en Belgique, les inégalités sociales. Ailleurs, les inégalités Nord-Sud. Tout le monde admet cela. On admet, on fait des bilans, on fait des constats et personne ne bouge. J’exagère un peu, mais les réactions de résistance se font de plus en plus timides, de plus en plus isolées, de plus en plus résignées. C’est le sentiment que tout est tellement compliqué, on se sent dépassé, on n’a pas de prise…

La cité nouvelle, blanche ?

Paradoxe, non ? Puisque vous venez de dire, et d’autres avec vous, que les gens sont beaucoup plus critiques aujourd’hui ?

Carine Russo : Il y a eu un mouvement qui a marqué quelque chose à l’automne 1996. On a vu une foule descendue dans la rue pour résister contre ce qu’on ressentait comme des tabous, pour dire que là, la limite avait été dépassée. Cette résistance-là, cette prise de conscience-là n’a pas été suivie ou aidée. Au contraire. On a voulu continuer comme si tout allait se calmer et que tout reviendrait dans l’ordre. Le sentiment des gens, je pense, est qu’on s’est moqué d’eux. Et que la tentative d’expression de quelque chose était plus que jamais mal entendue. Cela crée un découragement, une frustration qui grandit et je ne sais pas à quoi cela mènera. Ce qui existe le plus dans la population, à mon avis, ce n’est pas de l’indifférence, ce n’est pas le retour à la case de départ comme si rien ne s’était passé : c’est un sentiment de frustration et d’impuissance qui a grandi. Que les pouvoirs, en refusant de se mettre en question, ont contribué à accroître.

Gino Russo : Au niveau politique, il y en a quand même beaucoup qui se recroquevillent. Sur la Belgique, sur la région, cela va bientôt devenir le quartier, la rue, la cuisine et la salle de bains !

On a noté un clivage entre, d’un côté, les structures verticales classiques du modèle belge, piliers et partis fossilisés, et, de l’autre côté, le mouvement blanc, horizontal, désorganisé, refusant toute hiérarchie. Peut-on imaginer un renouveau qui serait ainsi le résultat d’un mouvement dénué de toute structure cohérente et organisée ?

Carine Russo : Nous sommes tellement habitués à avoir des structures et à fonctionner à l’intérieur de structures hiérarchisées qu’on a peine à imaginer une autre façon d’agir ensemble. Je pense qu’on n’a pas encore donné le temps au mouvement blanc d’assimiler ce nouveau mode de fonctionnement. Il faut du temps pour se débarrasser de vieilles habitudes. Il ne faut pas oublier qu’on les a depuis qu’on est né.

Gino Russo : La structure pyramidale, pour moi, c’est ce qu’il y a de plus fragile. C’est comme un serpent. Vous lui coupez la tête et il meurt. Et puis : l’establishment étant hostile à ce mouvement populaire, cela a été très dur pour lui. Ne pas oublier cela. Pour nous, cela doit rester une structure horizontale. Pas de chefs. Un peu comme des comités de quartiers qui se mettraient en réseau pour mettre sur pied ensemble une action commune.

Ce faisant, le mouvement blanc perd de sa visibilité…

Gino Russo : Je crois qu’il est plus efficace quand on ne le voit pas, justement. C’est comme cela qu’on le voit : c’est l’efficacité d’un réseau de pédophilie…

Donc le mouvement est bien là, bien présent ?

Gino Russo : En tout cas, l’esprit existe. Dans chaque dossier judiciaire, on demande des comptes. Chacun avec son problème, c’est ainsi, n’on accepte plus que d’autres s’en occupent sans donner d’explication. Il y a un autre esprit qui s’est développé. On ne se laisse plus faire.

Côté establishment, c’est quoi ? On veut tourner la page ?

Gino Russo : On essaie de démontrer que le problème est résorbé, que tout va bien, que les dysfonctionnements appartiennent au passé… Tout est vieux, maintenant, hein ! Et quand on sera en 2000, ce sera l’autre siècle, des vieux trucs, de la préhistoire ! Mais ce sont les mêmes personnes qui sont toujours là, et qui fonctionnent comme ils le faisaient auparavant ! On va dire : les vieilles pratiques des années nonante, alors qu’il n’y aura eu que deux années écoulées (rire).

Écrit par : Werkgroep Morkhoven | 18/05/2008

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'La raison d’Etat': Interview de Carine et Gino Russo (3) A gauche, forcément
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Le discours dominant est celui-là. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Carine Russo : Désolée. Cela n’a été authentique que l’espace d’un instant. Leur on-vous-a-compris ? Ce n’est pas vrai !

Gino Russo : Je l’ai dit : le parti Ecolo, ce sera un peu le parti communiste qui, à une époque, tirait le PS vers la gauche. Maintenant, il n’y a plus rien qui tire le PS vers la gauche. Tout est déplacé à droite. Il y a toujours pire qu’eux : ils peuvent jouer sur ce thème-là. Alors que, pour moi, ils se sont trop déplacés vers la droite.

Votre engagement politique là-dedans ? Tirer vers la gauche, c’est important pour vous ?

Gino Russo : C’est indispensable ! Si la société continue à devenir ultra-libérale, on va aboutir à une catastrophe. Le quart-monde va augmenter, et la criminalité : cause à effet. Je crois qu’on n’a jamais été autant à l’ère des droits de l’homme et autant à leur violation.

On voit rarement pareil discours dans le mouvement blanc…

Carine Russo : Tout de même. Le mouvement blanc, c’est aussi les droits de l’homme au centre. Donc, je suis désolée, il y a un message politique, là.

Ecolo, vous restez dehors ?

Gino Russo : Moi, la décision est prise.

Carine Russo : Il n’a pas le droit, faut savoir (rire). Pour le reste, je crois que j’ai clairement marqué mon engagement. C’est un soutien extérieur. La proximité entre nous et Ecolo, elle est là depuis le départ et même avant. Participer à la campagne ? Lorsqu’on demandera notre opinion, on la donnera.

Gino Russo : On ne se gênera pas pour la dire.

Carine Russo : Etre élue ? Je ne vois pas l’intérêt. Pour nous.

Gino Russo : Le changement ne viendra jamais du politique. Il vient toujours de la pression populaire, jamais d’un parti politique, ils ont tous besoin d’une pression à leurs fesses pour changer. Etre sur les listes ? Il n’y a pas qu’Ecolo qui nous l’a demandé, ceci dit. Pour moi, cela a été sans hésitation ’non’. Peu importe le parti, cela ne m’intéresse pas. J’ai besoin de ma liberté, rester proche des gens, continuer à dire le message de la vraie demande. Parce que le fossé qui s’est creusé entre le politique et la société civile, il est énorme. Personne ne se reconnaît dans les discours politiques. On peut être wallon tant qu’on veut : on n’en a rien à foutre, finalement. Moi aussi, je suis wallon, je suis né en Wallonie, je suis ouvrier, j’ai été proche des syndicats, j’ai manifesté…

Carine Russo : On veut rester ce qu’on est.

Gino Russo : Pluriculturel… Et puis, de toute façon, c’est dangereux, le parti, cela devient un peu hooligan, club de football : il n’y a que les rouges qui jouent mieux, il n’y a que les verts qui jouent mieux… Et puis ce sera notre région qui est la meilleure. On dérive vite vers le chauvinisme et le terreau de l’extrême droite. Il faut avoir du respect pour sa culture et la défendre, mais cela ne doit pas devenir un cheval de bataille. Les valeurs humaines sont plus importantes. La préoccupation reste l’enfant. Il nous semble que pour changer une société, il faut commencer par éduquer, c’est l’enfant qui changera la société de demain. C’est une image, oui, mais c’est fondamental : former à l’esprit critique.

Le pouvoir est dans la rue

Un soutien modéré à Ecolo, dites-vous…

Carine Russo : Cela, c’est Gino. Moi, c’est soutien clair et ferme. Parce qu’on se sent plus proche d’Ecolo. Ce sont des valeurs plus universelles.

Gino Russo : Ils sont quand même très proches du citoyens, démocrates. Pas de secrétaire, pas de président : ce sont des choses qui me plaisent… Et puis, ils ont quand même fait leurs preuves dans les commissions parlementaires. Des gens comme Deleuze ou Decroly. Leur politique me paraît plus proche de la demande du citoyen que les autres partis.

Carine Russo : Je les trouve plus démocratiques que les autres.

Gino Russo : C’est surtout cela. Dans leur rapport avec l’argent. Cela me paraît plus sain.

Carine Russo : Dans leur fonctionnement, dans leur ouverture à l’expression de tous. On les dit éloignés autant de la droite que de la gauche. Affaire de définition. Moi, je les trouve très proches de la gauche au sens premier du terme gauche.

Gino Russo : Le PS profite d’une étiquette de gauche. Par moment, je le trouve plus à droite que certains partis de droite. Je trouve cela inquiétant parce qu’il doit garder son rôle. Leur participation aux privatisations : je suis désolé…

Ils disent : y a pas le choix…

Gino Russo : Ecoutez, en politique, on a soit des regrets, parce qu’on ne l’a pas fait, soit des remords, parce qu’on l’a fait, mais si tu te trompes, il ne faut pas affirmer que tu as fait juste ! Il faut pouvoir faire son autocritique. Dire qu’on s’est trompé là ; là et là, et prendre une autre direction. Il ne suffit pas d’être positif et concret et oublier tout ce qui s’est passé !

Redonner un sens au politique

La prise du politique sur le monde : on dit qu’elle est inexistante ?

Carine Russo : La politique n’a plus le pouvoir. Elle est en train de se résigner. Ce n’est pas normal. La politique edoit reprendre sa place. La politique,c’est ce qui gère la vie en société, la démocratie, les gens. C’est cela qui est grave. A partir du moment où celui qui a le pouvoir en main ne l’utilise plus, cela ne va pas.

Gino Russo : Ils disent : ce n’est pas moi, c’est l’économie. Mais ils sont dedans aussi (rire) !

L’antipolitisme ?

Gino Russo : On a toujours été contre. On joue toujours sur le positif, même si c’est lent. On ne peut pas partir perdant. Si tu te résignes, t’es perdant.

Carine Russo : C’est le plus grave qui puisse arriver. Que les citoyens allant voter dans quelques mois votent n’importe quoi parce que de toute façon, cela n’a pas de sens.

Gino Russo : Ils feraient tous la même politique ? Non, et je pense qu’il faut aider certains à tenir tête à l’intérieur de la structure. Ils ont besoin de l’opinion publique. Il faut des relais dans le politique. On en a trouvé chez Ecolo.

Carine Russo : Ils sont à l’écoute. La première chose à faire en politique, c’est tout de même cela. Etre à l’écoute des gens. En général, ils croient toujours tout savoir sans écouter. Mais les gens ont changé. Ce n’est plus comme il y a cinq ou dix ans.

Écrit par : Werkgroep Morkhoven | 18/05/2008

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'La raison d’Etat': Interview de Carine et Gino Russo (4) Les oreilles bouchées de Dehaene

Politique : votre visite à Dehaene, lors de la marche blanche, une erreur ?

Gino Russo : Oui, tout à fait. C’était une grosse erreur.

Carine Russo : Ce n’était pas le jour pour y aller.

Gino Russo : C’est lui qui était en position de demandeur, pas oublier.

Carine Russo : Le rapport de forces était en notre faveur. Mais M. Dehaene, il avait tout préparé, hein ! Nous pas !

Gino Russo : C’était dans la naïveté du moment.

Il vous a écoutés ?

Carine Russo : Non. On ne peut pas dire qu’il était un interlocuteur. Il nous a tenu beaucoup de promesses, ce jour-là. On lui a rappelé qu’il nous avait promis de nous revoir avant la fin de l’année. Tout à coup, il s’en est souvenu. On l’a revu une deuxième fois avec le ministre de la Justice. C’était encore un truc bien préparé, avec beaucoup de presse : ce qui comptait, c’était les photos des parents à côté du Premier ministre à la sortie… Cela dit, je ne veux pas tout critiquer dans le gouvernement Dehaene. Il y a un tas de choses qu’il a su soutenir. Notamment la Belgique. Mais M. Dehaene a un énorme défaut et c’est qu’il ne sait pas écouter, il est incapable d’écouter, et il n’en a pas envie. Quand vous avez une réunion de deux ou trois heures avec lui, vous percevez tout de suite qu’il fait semblant de vous écouter, parce qu’il vous coupe au milieu de la phrase, il vient avec une autre idée, il tonitrue en plus. Donc, pas de dialogue. Lors de nos contacts avec le ministre de la Justice, il faut le dire, on avait été habitué à un dialogue. De Clerck a quand même su montrer une capacité d’écoute. Qui n’est pas tellement courant, je le trouve.

Gino Russo : Ecouter et puis demander notre avis, même sur des directives ministérielles ! Maintenant, chez le gouvernement, ce qui ne m’a pas plu, c’est cette façon de tout dévier sur le palais royal. Y envoyer toutes les familles, tous cela…Cette lâcheté d’envoyer tout chez le Roi. C’était clair. On n’a pas été naïf dans l’histoire, mais on a été un peu entraîné. Je trouve cela un peu lâche. Utiliser le palais royal.

Carine Russo : Le respect qu’on peut avoir pour le Roi, ce respect a été honteusement utilisé.

Le sabotage de la commission d’enquête

A l’époque de la marche blanche, vous avez cru à un déclic ?

Gino Russo : On l’a pensé un moment. Mais il y a tout de même eu un retournement à 180 degrés au niveau de la commission d’enquête et d’une grosse partie des commissaires. A partir de là, cela devenait compliqué. On l’a bien senti. On a dépensé beaucoup d’énergie pour que cette commission d’enquête continue. Elle doit apporter un travail de fond qui devait aider les changements législatifs, certainement, mais pour nous, c’était en même temps, un organe qui protégeait l’enquête judiciaire de Neufchâteau contre toutes les saloperies qui se passaient à l’intérieur même de celle-ci. Des batailles internes dont on ne comprend toujours pas les tenants et les aboutissants, ni le pourquoi. C’était une protection parce que cela restait un contrôle, on pouvait acter ce qui ne fonctionnait pas dans l’enquête et l’analyser. La promesse de Dehaene était donc fausse, qui disait apporter tous les moyens pour l’enquête parlementaire et pour l’instruction. Les deux étaient nécessaires. Pour bien les maintenir.

La commission aurait dû continuer au-delà de février 1998 ?

Gino Russo : Pour moi, elle devrait toujours être active pour l’instant. La matière ne manque pas, hein !

Jusqu’au terme de l’enquête judiciaire ?

Gino Russo : Pourquoi pas ? C’était une solution. En parallèle. De sorte qu’on ait au moins une garantie que l’enquête judiciaire fonctionne plus ou moins bien. Là, on est un peu découragé. Je ne vais pas rappeler tous les événements. C’est pourquoi nous avons fortement soutenu la commission, qui est un organe politique composé de députés élus directement au suffrage universel, donc l’organe le plus proche du citoyen.

Le virage à 180 degrés de la commission, cela date de ?

Gino Russo : Octobre 1997, dans ces eaux-là.

Carine Russo : Cela a commencé aux vacances dernières, l’été 1997.

Gino Russo : J’étais dans les couloirs de cette commission. Je les ai vus, assez désemparés : il faut arrêter, disaient-ils. J’ai vu le découragement. Je ne me l’expliquais pas bien… Il y a bien sûr eu les pressions…

Carine Russo : Il y a eu des pressions pour qu’ils arrêtent et puis ils ont commencé à être attaqués de toutes parts. C’était difficile à tenir.

Gino Russo : La magistrature a été très violente avec des relais un peu partout. Cela devenait très difficile. Et puis, d’autres ont senti le vent changer de direction. Aller dans le sens du vent, c’est toujours plus facile. Là-dessus, cela s’est un peu délié lorsqu’ils sont entrés dans la politique politicienne pure. Contenter tout le monde et naviguer… Un Decroly est apparu comme un intégriste tout simplement parce qu’il voulait faire son boulot honnêtement.

Carine Russo : Il a dû faire le travail tout seul… Forcément, il devenait marginal.

La commission, disait-on de toutes parts, devait atterrir.

Carine Russo : Voilà. Il fallait qu’elle atterrisse pour passer le relais au judiciaire. Mais le judiciaire n’a pas été remis en question jusqu’au bout ! Et qu’a fait le judiciaire ? Se dépêcher de reprendre les rênes !

Gino Russo : Désolé, mais on n’a pas expliqué pourquoi on n’a pas cherché les petites pendant une dizaine de mois. Etaient-elles vivantes ? Le suspect Dutroux et son entourage : tout cela reste flou au niveau de la commission d’enquête. Ils n’ont pas travaillé sur tous les volets et au niveau de l’instruction, cela nage aussi ! En attendant, le temps passe. Et les explications sont bien maigres.

Carine Russo : C’est tout de même triste après toute cette énergie pour aboutir à quelque chose.

Ceci n’est pas une enquête judiciaire

Une commission disparue, une enquête judiciaire abandonnée à son sort, un procès dont on ne cesse d’agiter une date différente et puis, maintenant, l’info selon laquelle l’instruction travaille en réalité à rebours dans le temps et n’est pas encore remontée jusqu’en 1995, l’année de l’enlèvement. Votre sentiment ?

Gino Russo : Cela tourne à l’absurde.

Carine Russo : C’est à ce sujet qu’on a le plus dequestions,quetout reste vague…

Gino Russo : Il est un fait certain qu’au niveau tant judiciaireque politique, quand on prononce les prénoms de Julie et Mélissa, c’est le malaise. Il n’y a toujours pas d’explication cohérente. Que ce soit la commission d’enquête ou l’instruction judiciaire.

L’instruction n’est pas remontée jusqu’en 1995 mais la maison deDutroux à Sars-la-Buissière va être rasée avant qu’il n’y ait eu de reconstitution…

Carine Russo : On détruit avant que rien ne soit établi. En plus, on dit que c’est au nom et pour le bien des victimes. Mais on ne nous a pas demandé notre avis, hein ! Ce qui nous intéresse, nous, c’est évidemment que l’enquête aboutisse à un moment donné. Si on commence à détruire ce dont on aura peut-être besoin dans l’enquête, sur quoi voulez-vous qu’on fonde encore des espoirs ?

Il y a eu des échos selon lesquels Nihoul aurait connu Dutroux en 1981. On dit que c’est absurde. Bien qu’on n’en soit pas encore, dans l’enquête, à l’année 1995…

Gino Russo : C’est ce qui me paraît étrange et suspect. On assène des vérités sans tenir compte du fait que l’instruction est en cours et que rien n’est démontré, ni dans un sens ni dans l’autre. Malgré cela, tout un tas de personnes assènent leurs vérités non-stop. Et c’est dans tout le dossier ainsi.

Vous avez rencontré le juge Langlois ?

Gino Russo : Oui, oui. Deux fois. Parce qu’on continue d’aller consulter le dossier.

Carine Russo : Ah, au niveau accueil, c’est parfait, absolument par-fait ! Mais bon, à part cela… Il n’y a pas que cela. Ce qui nous intéresse, en priorité, c’est la bonne évolution de l’enquête. On n’est pas convaincu, on n’est pas convaincu.

Ils ferment des portes, paraît-il.

Gino Russo : Si on fait disparaître des portes, on n’a plus besoin de les fermer.

Le juge Langlois, parlant de cette fermeture de portes, a dit que cela démotivait les enquêteurs, bientôt contraints de regagner leurs unités ?

Gino Russo : Ce n’est pas nouveau. Il y a déjà eu un démantèlement. Beaucoup d’enquêteurs sont déjà retournés dans leurs sections.

La mégaenquête de Neufchâteau l’a privilégiée, avec ses quelque 300 enquêteurs. C’est cela qu’on dit.

Gino Russo : Nenni, hein ! Cela, ç’a été assez court, ces histoires des 300. Progressivement, les effectifs ont été diminués. Et puis les bagarres, il ne faut pas oublier les bagarres entre Langlois et Bourlet. On peut dire maintenant que tout est aplani, mais elles ont existé ! Sur le moral des troupes, lorsque vous avez un parquet et un juge d’instruction qui ne s’entendent pas, en cascade cela retombe sur les enquêteurs. L’un dit oui, l’autre dit non : ils n’ont pas enquêté dans de bonnes conditions. C’est certain. Ceux qui ont persisté ont beaucoup de mérite. Mais cela a affaibli l’enquête, c’est l’évidence même.

Bourlet-Connerotte, les hommes à abattre

Vous avez évoqué les bagarres au sein de l’enquête. Il y a eu l’injonction du parquet général au procureur Bourlet, lui intimant l’ordre de ne plus vous adresser la parole, ce que, à l’époque, le ministre De Clerck a jugé inacceptable. Et puis les rumeurs selons lesquelles vous auriez eu des rencontres avec le procureur.

Carine Russo : Nos rencontres avec lui, lorsque nous allions à Neufchâteau, étaient tout à fait normales.

Gino Russo : L’injonction à l’égard de Bourlet, je confirme. Lorsque j’ai eu Bourlet, il m’a dit : je ne te parle plus. C’était quelques jours avant que la lettre du procureur général Thily ne paraisse dans la presse. Bourlet m’a dit : écoute, je ne peux rien te dire, je suis désolé.

Carine Russo : De Clerck, sur le vif, nous a dit que cela, il s’engage à ce que cela ne puisse pas se passer comme cela. Et effectivement, très vite, cela s’est apaisé.

Gino Russo : Il y a un tas de trucs qu’on n’a pas dit. Lorsque De Clerck renomme Connerotte contre l’avis négatif du président du tribunal de Neufchâteau, Francis Moinet… Désolé, mais là, il faudrait une procédure judiciaire pour dessaisir Moinet ! Vous imaginez son attitude ! Désavouer un de ses juges d’instruction… Maintenant, De Clerck était paniqué, pour ensuite faire abstraction de cet avis négatif.

Carine Russo : Il n’a pas fait abstraction. Il a pris un avis supplémentaire.

Gino Russo : Il a trouvé un stratagème mais cela, personne ne le sait. Qu’a-t-il fait ? Sur cinq avis, il y en avait trois négatifs (positifs : Bourlet et De Clerck ; négatifs : Thily, Moinet et son homologue liégeois) : eh bien, il est allé en chercher d’autres, positifs ! Ainsi, il avait la majorité pour renommer Connerotte.

Une belle phrase au sujet de Connerotte. Elle est de Marc Verwilghen : le dérapage des enquêtes date de son dessaisissement. C’est votre opinion ?

Carine Russo : C’est aussi mon sentiment. Depuis le début.

Gino Russo : En effet, il y a plusieurs manières de mener une enquête. Il y a le juge qui donne une grande latitude à ses hommes et d’autres qui disent non, sur ce terrain, on ne va pas.

Carine Russo : Ils étaient habitués à travailler ensemble, ils étaient sur la même longueur d’onde. Ils n’ont pas besoin de grand briefing pour savoir où aller.

Gino Russo : Sauf erreur, après Connerotte, on n’a plus inculpé personne…

Carine Russo : Le dessaisissement de Connerotte, deux mois à peine après qu’il ait pris l’enquête en main, c’est quand même Julien Pierre, l’avocat d’un inculpé, qui en est à l’origine. Qui a le plus intérêt à faire capoter une enquête qui peut s’avérer dangereuse pour son client ?

Gino Russo : Le mot d’ordre au niveau judiciaire, cela, on l’a vécu depuis 1995, c’est "pas de vagues". Le résultat, on s’en fout, ce qu’on veut, c’est ne pas faire de vagues.

Carine Russo : En 1995 déjà, des enquêteurs nous l’ont dit. Pas de vagues.

Gino Russo : L’état de la justice, c’est une complicité passive de tout ce qui était magistrat. La haute magistrature a été complice du délabrement de la justice. On voit leur pouvoir lorsqu’il y a des lois qui ne leur conviennent pas. Alors, ils savent monter au créneau, hein ! Mais ils ne sont pas montés au créneau en voyant la justice se délabrer de plus en plus depuis vingt ans. Il ne suffit pas de faire une mercuriale tous les trois ans et puis dire : moi, je l’avais dit. C’est une participation passive criminelle.

Écrit par : Werkgroep Morkhoven | 18/05/2008

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'La raison d’Etat': Interview de Carine et Gino Russo (5) Pas de vagues…
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Pas de vagues… on a l’impression que beaucoup, aujourd’hui, se sont refermés sur leurs secrets. Je pense au maréchal des logis Martin, de la cellule Julie et Mélissa, qui vous était proche et qui a tenu des propos pour le moins troublants laissant entendre énigmatiquement que l’enquête en savait beaucoup plus, et que les petites ont été "sacrifiées"…

Carine Russo : Nous n’avons plus eu de contact. Il est bien évident que quelqu’un comme Martin… A la commission, on ne l’a plus reconnu. On s’est dit que soit il a subi un lavage de cerveau, soit qu’il était tellement paniqué qu’il a tout oublié. C’est une solution de fuite, peut-être la seule pour lui. Je ne sais pas.

Gino Russo : C’est vrai. Cela reste une question.

La vérité en devient-elle inaccessible ?

Gino Russo : Dans une enquête judiciaire, le temps et la mémoire sont des choses importantes. S’il faut se rappeler de faits vieux de deux ou trois ans…

Carine Russo : On est loin du compte. Les gens qui se sentaient protégés pour parler à l’époque de la commission : maintenant , c’est fini.

Gino Russo : Voyez tous les noms livrés par la presse et dans des bouquins… Ce sont autant de pressions sur ces témoins.

C’est délibéré, vous pensez ?

Carine Russo : Je ne sais pas si c’est délibéré.

Gino Russo : C’est suspect en tout cas. Alors qu’il suffirait de mettre les initiales ou un faux nom. Au lieu de cela : l’identité et la région où le trouver…

Carine Russo : On tape sur le clou de la protection de la vie privée. En même temps, on n’a jamais autant parlé des réseaux de pédophilie…

Gino Russo : Oui, lorsqu’il s’agit de réseaux. Mais dans l’affaire Dutroux, là, c’est un isolé. On dirait qu’il y a un mot d’ordre pratiquement.

Pourquoi à votre avis ?

Gino Russo : On ne peut rien avancer sans preuve.

Carine Russo : Pourquoi après toutes les enquêtes bâclées fait-on en sorte que ce soit, à nouveau, une enquête bâclée ? A ce point là, cela ne peut qu’être une raison d’Etat. Cela semble grave ce que je dis là, mais cela a été trop fort.

Gino Russo : De toute façon, il faudra trouver une explication plausible et qui tienne la route. On ne peut pas se contenter de dire que tout le monde a eu des fantasmes. Et que l’émotion nous a fait imaginer…

Un grand complot avec des frites, s’il vous plaît

Imaginer un grand complot ? C’est à la mode.

Gino Russo : Je vois plus un grand complot, comme l’explique Verwilghen, dans l’émission Au Nom de la Loi…

Carine Russo : Dire qu’il n’y a pas de stratégie pour étouffer : cela, c’est un grand complot ou pas ? Je ne sais pas de quoi parlent ceux qui dénoncent le grand complot. Je ne sais de quoi ils parlent !

Gino Russo : On ne comprend pas ce qu’ils racontent. Nous, on n’a jamais parlé de grand complot. Je n’arrive d’ailleurs toujours pas à comprendre ce qu’ils veulent dire lorsqu’ils disent "grand complot". C’est un peu comme si, après avoir répété inlassablement à quelqu’un qu’il a un cancer, on lui disait soudain : non, c’est juste une petite tuberculose, au lieu de mourir dans un mois, tu mourras dans trois mois. Cher ami, c’est moins grave, mais cela reste très grave ! Vous comprenez, c’est très psychologique. Pour dédramatiser, on commence par dramatiser au maximum. Ainsi, c’est beaucoup moins grave qu’on ne le pensait. C’est : ouf ! on n’a pas tué vingt enfants, on n’en a tué que dix !

Silence dans les rangs !

La loi du silence. Vous avez appelé à manifester contre, le 15 février 1998. Il reste néanmoins écrasant…

Gino Russo : Cette manifestation a été une bonne chose. Elle a tout de même reconduit Connerotte, qui le méritait. C’est tout de même un juge qui a trouvé des solutions là où, par timidité, d’autres n’ont rien trouvé. Lui enlever sa fonction, je ne pouvais pas l’admettre. Mais, à côté de cet effet positif, la manifestation a eu des effets catastrophiques au niveau resserrement des boulons de tout ce qui est establishment. On en paie toujours les conséquences.

Pour moi, le 15 février c’est le truc clé. C’est la quantité de gens rassemblée en un minimum de temps et c’est la manière dont on en a rendu compte. J’étais à la RTBF, j’entendais que s’il y avait 10 000 personnes, ce serait une grosse réussite. J’en déduis qu’ils imaginaient beaucoup moins… Sur le coup, De Clerck a annoncé que Connerotte est renommé. D’où, message : le rassemblement est inutile. Quand on voit le nombre de personnes qui sont venues, même si d’aucuns ont tenté de le réduire, cela reste inimaginable. Nous aurions travaillé sur l’émotion de la marche blanche et, en quinze jours, il y a 60-70 000 personnes, peut-être 100 000…

Pour moi, c’est cela qui a engendré l’octopus et tout ce qui s’ensuit. Ils ont mis le turbo, travaillé sur l’illusion…

Carine Russo : L’important pour eux était de mettre en route l’octopus sans faire référence à la marche, pour ne pas faire apparaître que seuls les coups de pied au cul des citoyens les font avancer. L’évasion de Dutroux en sera le beau prétexte : utiliser cette émotion-là afin de garantir que l’octopus soit bien indépendant de la mobilisation populaire. Le résultat le plus manifeste reste que la protestation contre la loi du silence n’aura débouché, mis à part la relégation de certains enquêteurs en Sibérie, que sur un plus grand silence.

Carine Russo : En ouvrant les journaux le lendemain, j’étais malade : les chiffres de la gendarmerie, premier mensonge.

Gino Russo : Lorsque certains journaux feront par après l’histoire, ils feront l’impasse sur le 15 février, alors que, pour moi, c’était aussi fort que la marche blanche.

Une troisième marche blanche ?

Il en faudra une troisième ?

Gino Russo : Celle du 15 février s’est passée très spontanément de ma part. Sur une fraction de seconde, je me suis dit : il faut jouer le quitte ou double. Je l’ai senti. Nous ne sommes pas des stratèges. On fonctionne plus par intuition et instinct. Je me suis dit, là : où bien, on remet des gens dans la rue pour faire comprendre que les gens sont toujours là, ou bien on se fera broyer par la machine et ce sera terminé, les maigres espoirs inclus.

Cette série d’inculpations, toutes ces auditions des enquêteurs par la cellule Pampers de Thily… et toujours dans un sens : on attaque certaines fuites, pas d’autres ! C’est encore la magistrature, la perte d’impartialité. Cela s’est passé ainsi. Peut-être jouera-t-on un jour un nouveau quitte ou double. Mais il y a tellement de critères pour faire sortir les gens de leur maison. Faire passer les gens de la conviction à l’action… Il faut une convergence d’éléments. Et c’est un pari fou. J’ai pris tout sur moi, en février, en épuisant tous mes jours de congé pour travailler sur cela. Ce n’est pas simple. Le moyen de communication avec le public, cela reste les médias. Si on te coupe ce moyen, cela devient compliqué. Il faudrait tout de même que, dans les médias, on comprenne ce qui se fabrique.

La météo des médias : le vent a tourné

On a une presse d’establishment ?

Gino Russo : L’indépendance de la presse, vous savez… Toute grosse structure politique et financière possède des relais. Il est plus facile pour Busquin ou Louis Michel de faire passer un message que pour moi. Idem pour Thily. Vous avez vu comme nous le revirement radical de la presse.

Carine Russo : Vous savez mieux que moi comment cela fonctionne. A partir du moment où il y a l’accord octopus, cela va descendre en cascade. Les techniques ? Vous connaissez aussi : on met un jeune stagiaire et il vient avec son petit carton avec les questions qu’il doit poser… Je l’ai vécu ! Un petit nouveau du Soir vient me voir. Je lui demande : c’est le chef de service qui va te corriger ? Gêné, il opinera… J’ai eu la chance de participer à un colloque à l’UCL qui réunissait tous les rédacteurs en chef. J’ai pu écouter le message. Le message, c’était : on s’est tous gourré, il faut dire maintenant que les parents se trompent. Nous, on attend toujours qu’ils nous expliquent en quoi nous nous sommes trompés. On ne le dit jamais ! A aucun moment, un argument.

On est en 1995 : rien ne s’est passé !

Raison d’Etat, c’est toujours aussi grave ?

Gino Russo : Bien sûr. Cela a trait à la liberté d’expression.

Carine Russo : Nous nous sentons de retour à la phase 1995.

Gino Russo : C’est peut-être le pire. Les enseignements n’ont pas été tirés. C’est terrible. Parce que nous, on est à genoux. On reste motivé, mais si l’esprit est là, le physique ne suit pas forcément. Ce n’est pas comme un match de football où il suffit de dire qu’on va gagner pour que tout suivre.

Carine Russo : En 1995, c’était beaucoup plus douloureux personnellement. La vie de notre gamine en dépendait. Maintenant, ce n’est plus aussi personnel mais, malgré tout, il y a peut-être d’autres vies qui en dépendent.


[1] Editions EPO, 1999 - Adresse e-mail : editions@epo.be

Écrit par : Werkgroep Morkhoven | 18/05/2008

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Politique et mafia en Belgique
La Belgique: Couverture judiciaire de la pédocriminalité


Le parquet de Turnhout étouffait non seulement le réseau pédocriminel de Zandvoort...



Ce n’est que trois semaines après le début de l’instruction, qu’une perquisition fut exécutée au siège de l’intercommunale CIPAL (Centre Informatique de la province d’Anvers et du Limbourg) à Geel.
Les personnes visées ont eu le temps d’effacer les traces. Walter Hartman, l’homme qui a dévoilé les faits: « C’est une scène de "Matroesjka’s" », une série à la chaîne commerciale VTM sur la traite de femmes. Miel Charlier, ex-chef du service achats de l’intercommunale CIPAL, déclarait à la justice qu’il avait été, lors d’un voyage en Moldavie, abordé par quelqu’un qui lui offrait de lui livrer des prostituées au prix de € 2.000 par femme. Ses deux complices ont proposé d’ouvrir un bar avec un service escort. L’un d’eux était prêt à le faire gratuitement. « Son avantage était qu’il pouvait se servir des femmes ».

Traite de femmes moldaves.

Au plus tard la semaine prochaine le parquet de Turnhout décidera d’aller en appel contre l’acquittement pour fautes de procédure des trois soi-disant trafiquants de femmes qui, à partir de l’intercommunale CIPAL, voulaient instaurer un réseau de trafic de prostitués moldaves. L’instruction dans ce dossier fut sérieusement gâchée, selon une investigation du journal De Morgen.

En 2003 Kamiel ‘Miel’ Charlier, l’ancien chef du service achats de l’intercommunale campine CIPAL, a, ensemble avec quelques collègues, essayé de mettre sur pied un commerce de femmes moldaves. Celles-ci seraient mises au travail comme prostituées de haut niveau, avec des ministres et politiciens comme clientèle.
Charlier a reçu de son contact en Moldavie les photos de 22 femmes. Il en a choisi trois, et a payé un acompte.
Mais avant que la « marchandise » ne soit livrée, une bagarre a éclatée. Walter Hartman, un collègue du CIPAL, avait découvert sur l’ordinateur de Charlier des e-mails assez étranges. Il a imprimé ces mails et les a fournis au parquet de Turnhout qui, après une hésitation, a commencé une investigation. Le résultat fut surprenant : la semaine passée le tribunal correctionnel de Turnhout a acquitté les trois soi-disant trafiquants de femmes pour « fautes de procédure » (DM 28/9). La raison: les droits de la défense ont été violés car les pièces à conviction (les e-mails de Charlier) ont été obtenus « illégitimement ».

« La criminalité triomphe », est la réaction de Hartman sur le verdict. « Si en Belgique on accuse quelqu’un pour des faits douteux, on est soi-même dupé. ».

La politique plane comme une ombre orageuse au-dessus de ce dossier. CIPAL, qui livre des services informatiques à des autorités locales, est un bastion notoire du CD&V, et Charlier fut un protégé de la direction de CIPAL dominée par le CD&V. Le coinculpé Filip De Graeve, qui a aussi travaillé un certain temps pour CIPAL, était directeur du département « e-gouvernement » ( gouvernement informatique) auprès de la Communauté Flamande et un collaborateur direct du ministre président d’alors, Patrick Dewael (Open VLD). Le troisième inculpé était Marc Vandervelden, un patron de café avec de bonnes connexions dans le milieu de la prostitution et un partenaire d’affaires du président de la section locale du CD&V à Halle.
Cela explique peut-être pourquoi au début le parquet de Turnhout a hésité. En outre, la lettre anonyme de Hartman (lui-même actif dans la politique locale du Open VLD à Olen) est arrivée dans les mains d’un « procureur de garde qui est en bonnes relations avec la direction du CIPAL », magistrat qui a immédiatement informé ses amis de ces charges explosives.
Selon le parquet, l’affaire n’a débuté que le 27 mars 2003, après une plainte de Hans Schoofs, alors membre du conseil provincial et commissaire chez CIPAL, et maintenant membre du parlement flamand pour l’Open VLD. Schoofs avait, lui aussi, reçu des lettres anonymes de Hartman avec des indications au sujet d’une magouille financière et la traite de femmes par des employés de CIPAL. Les avocats des accusés prétendaient cependant que l’instruction avait déjà débuté le 8 mars 2003, quand la première lettre anonyme tombait dans la boîte aux lettres du procureur de Turnhout. Selon eux, les pièces à conviction ont pendant trois semaines traînées au parquet avant d’être inclus dans le dossier. Le tribunal était au courant du dossier de Hartman, mais a gardé le silence. « Cette incomplétude viole les droits de la défense » était l’opinion du tribunal. « L’instruction est de ce fait nul ».
Pourtant, la rédaction a découvert d’étranges choses qui se sont passé dans les semaines entre le 8 et le 27 mars. Même avant que la justice ne soit officiellement en action, il semble que les protecteurs politiques des inculpés étaient déjà mis au courant. Le premier qui fut alarmé était Ludo Helsen, éléphant local du CD&V, député provincial, ex-président et administrateur secrétaire de CIPAL. Le 13 mars, à 23h30, il a téléphoné à Arthur Philips, directeur général de CIPAL, en disant que Miel Charlier était présumé impliqué dans une affaire de traite de femmes.
Le lendemain matin, Charlier, qui fut appelé chez Philips, déclarait, la main sur le coeur, qu’il n‘avait rien à faire avec des pratiques illégales. Dans une déclaration écrite, Charlier confirmait « être surpris qu’une grande société comme CIPAL avait dans ses rangs quelques collaborateurs si minables qu’ils interceptent des e-mails personnels et les interprètent de façon telle qu’ils peuvent défavoriser leurs collègues. Je vous déclare en outre sur mon honneur que jamais je n’ai fait entrer une personne illégalement en Belgique. J’espère que vous me jugez sur mon travail et mes prestations, et pas sur base de ragots illégitimes. »
Philips et le conseil d’administration l’ont cru sur parole. Le même jour, Charlier, de qui le contrat d’essai était terminé, reçut un contrat de travail avec durée indéterminée. Également le même jour, le « mail server » de CIPAL fut arrêté et les données épurées.

Le 24 mars, Jan Kerremans, chef de cabinet du ministre-président d’alors Dewael, prit contact avec Eric Stroobants (CD&V), le patron de l’administration flamande. Il l’informe que Filip De Graeve, un de ses employés, pourrait être concerné dans la traite de femmes. « Au début, Kerremans voulait m’ordonner d’ interroger De Graeve » déclarait Stroobants au tribunal. « Je ne pouvais être d’accord avec cela, et j’ai dit à Jan qu’à la fin ce n’était pas ma tâche mais celle des instances judiciaires. C’est la raison pourquoi j’ai moi-même, en fonction de mon grade, pris contact par téléphone avec mme Christine Dekkers, procureur général à Anvers. »
De Graeve a ajouté plus tard « que bien avant le contrôle au CIPAL il était informé par son chef, le ministre président Dewael, qu’une investigation était en cours contre lui au sujet de traite d’êtres humains. Dewael aurait été informé directement par le procureur général Dekkers. »

Quand enfin les enquêteurs de la police fédérale ont exécuté le 27 mars une perquisition au CIPAL, les personnes visées avaient eu pleinement le temps d’effacer les traces, de faire disparaître du matériel préjudiciable, Où d’exécuter des virements à effet rétroactif pour cacher des malversations. Le chef de l’Office Central pour la Répression de la Corruption a appris plus tard « que le CIPAL avait été averti d’une descente par la police ».
Les preuves contre Miel Charlier étaient tellement écrasantes qu’il n’y avait d’autres solutions pour lui que d’avouer. Il déclarait à la justice que, lors d’un de ses voyages en Moldavie, il était abordé par un nommé Vladimir Saca qui lui proposait la livraison de prostituées en Belgique contre € 2.000 à € 3.000 par femme. « Parce que j’avais à ce moment des problèmes financiers, j’étais intéressé par cette proposition » avouait Charlier. « À ce moment-là, je ne savais pas du tout comment j’allais l’organiser en Belgique. J’ai parlé à De Graeve de cette proposition. De Graeve est bien fourni en testostérone et est plus intéressé par les femmes elles-mêmes, que par ce qu’elles pourraient rapporter. Nous ferions travailler les femmes pour nous. J’ai entendu parler De Graeve au sujet d’une de ses connaissances, Marc Vandervelden. Lui pourrait faire travailler les femmes dans la prostitution. Il ouvrirait avec un associé un bar et un service escort dans la région d’Alost Où de Ninove. Je gagnerai € 500 par mois et par femme. De Graeve n’avait pas besoin d’argent. Son avantage était qu’il pouvait se faire payer en nature par les femmes. »
Dans un message e-mail à Saca, Charlier écrivait : « Un de mes amis me demande quelque chose de spécial : il veut venir à Chisinau en Moldavie. Il demande si vous pouvez quelque chose avec un très jeune. Je sais que c’est morbide, mais il veut payer beaucoup d’argent. Il demande entre 8 et 12 et est prêt à payer mille par nuit. Es-ce que vous pouvez régler ceci ? »
Confronté avec le message, Charlier réagissait selon les investigateurs comme suite : « Il devient tout blanc, ne sait pas quoi dire, devient fâché, s’énerve et bégaye qu’on a essayé de le faire avoir. Il est convaincu que quelqu’un a envoyé ce message à partir de son ordinateur. Même quand nous lui faisons la remarque que le reste du message correspond avec son histoire, il continue à dire qu’on essaye de lui jouer un mauvais tour, qu’il ne connaît aucun pédophile, qu’il jure sur la tête de ses enfants qu’il ne l’a pas écrit et qu’il aurait immédiatement dénoncé à nos services celui de qui il savait qu’il s’occupait avec des choses pareilles. »
La position de Miel Charlier semblait intenable. Le 31 mars 2003, il fut licencié sans préavis pour implication possible dans des activités criminelles. En juillet 2003, et paraît-il sur demande expresse du président du VLD Bart Somers, ce fut au tour de De Graeve d’être renvoyé par la ministre VLD Patricia Ceysens, qui juste avant avait reçu la tutelle du e-gouvernement. Selon De Tijd « la décision se justifie par une performance moindre du site web l’autorité flamande tel qu’il a été remanié. Ceysens et De Graeve auraient aussi une opinion divergente sur la suite du projet e-gouvernement ».
Le 24 octobre 2003, celui qui avait sonné l’alarme, Hartman, fut licencié sans préavis par le CIPAL. Cela n’avait soi-disant rien à voir avec l’instruction au sujet de la traite de femmes, mais avec le fait qu’il avait enfreint les règles sur l’utilisation du registre national. Dans une de ses lettres anonymes, il y avait des informations provenant du registre national, un fait au sujet duquel un enquêteur avait, avec bienveillance, attiré l’attention du directeur général Philips, lors de son interrogatoire. Ce dernier a gracieusement fait usage de la suggestion. « Vous attirez mon attention sur le fait que dans les annexes sont mentionnées les ’informations légales’ » déclarait Philips, « informations qui vraisemblablement ont été collectionnées à l’aide du registre national et au sujet duquel vous estimez que cela ne pourrait se faire. Je partage complètement votre avis. Seulement une dizaine de membres du personnel ont, en fonction des projets, accès au registre national. L’information ainsi collectée ne peut cependant être utilisé que pour ce projet. Celui qui a reproduit ici les données personnelles a clairement fait une faute. Si c’est une personne de CIPAL, alors une sanction sera prise. »
Par après, le licenciement de Hartman fut annulé par le ministre flamand d’époque Paul Van Grimbergen pour manque de motivation, mais CIPAL a décidé de ne pas en tenir compte. Une plainte pénale de CIPAL contre Hartman pour violation de l’usage du registre national et de la loi sur la vie privée a entre-temps été classée sans suite. L’homme essaye en ce moment de se défendre devant la Cour d’État.

La criminalité triomphe. Si en Belgique on accuse quelqu’un pour des faits douteux, on se fait duper soi-même.

Georges Timmerman
De Morgen, 6.10.2007

- http://www.zoegenot.be/CD-roms-pedocriminels-Onkelinx.html
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=Ministre+Onkelinx+Zandvoort&btnG=Recherche+Google&meta=
- http://www.google.fr/search?hl=fr&q=affaire+zandvoort&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=Gina+Bernaer+Pardaens&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.google.be/search?hl=fr&pwst=1&sa=X&oi=spell&resnum=0&ct=result&cd=1&q=Gerrit+Ulrich+Zandvoort&spell=1
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=Jacobs+zicot+turnhout&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.janettseemann.info/ 1.8.2008: suspended, suspendu
- http://www.lepeededamocles.info/ 1.8.2008: suspended, suspendu
- http://www.droitfondamental.eu/


- http://www.juliemelissa.be/
- http://www.comites-blancs.be/plan.php3

Photos:

- Tony Van Parys, Sénateur de la Commission de la Justice (CD&V), qui a transmit les cd-roms de Zandvoort du Roi belge au procureur-général Christine Dekkers d'Anvers. Il y a quelques temps que le Werkgroep Morkhoven a découvert que les cd-roms ont été disparus sur le tribunal d'Anvers. Le Conseil Supérieur de la Justice à confirmé cette disparition. Le ministre de la justice belge Jo Vandeurzen (CD&V) et le Roi belge ont été informé de cette disparition mais ils se taisent et ils préfèrent la liquidation de Marcel Vervloesem, l'enquêteur du Werkgroep Morkhoven...

- Le 1 janvier 2005, il y a exactement 25 ans, CIPAL prenait son démarrage. Plus d’un quart de siècle, l’amélioration de l’informatique auprès des administrations locales lui est une préoccupation quotidienne. Cet anniversaire était célébré d’une manière très spéciale.
Dans son discours, le ministre-président flamand Yves Leterme (CD&V) louait les efforts de CIPAL avec l’implementation de l’ e-gouvernement auprès des administrations locales.

Écrit par : Yves Goossen | 12/08/2008

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Mafia: Les rapports entre la mafia et la politique
Etat des luttes contre le crime organisé mafieux - Pour la liberté de la recherche et de la presse dans la lutte contre la mafia


Entretien exclusif avec le Professeur Umberto Santino, Président de Centro Siciliano di Documentazione "Giuseppe Impastato", Palerme, réalisé par Chistian Pose, traduit de l'italien par Nathalie Bouyssès.
En mémoire de Giuseppe Impastato et des victimes du crime organisé mafieux, Tokyo/Palerme, 12 avril 2006 (fr. it.)

Deux événements historiques d'importance, cet entretien s'est achevé alors que la coalition de centre-gauche de Romano Prodi semblait victorieuse à l'Assemblée et au Sénat mettant un terme au "berlusconisme" symbole, dira le Pr. Santino, de la "légalisation de l'illégalité", alors que, étonnante symétrie, la police italienne annoncait l'arrestation de Bernardo Provenzano, chef suprême de Cosa Nostra (mafia sicilienne) dernier "parrain" historique de l'association criminelle après 42 ans de cavale...



Question 1 :
Professeur Santino, pouvez-vous nous parler de "L'alleanza e il compromesso" (1997), nous rappeler le contexte sociopolitique et sociohistorique de cet ouvrage très important, de son objectif et des poursuites en justice dont vous avez fait et faites l'objet ?


Umberto santino :

J’ai publié, en 1997, L’alleanza e il compromesso, un livre réunissant la documentation de deux de mes dossiers (le premier présenté à Strasbourg en 1984, le deuxième à Rome en 1989) qui concernaient le parlementaire européen, mêlé aux milieux mafieux, Salvo Lima. Je faisais, dans ce livre, une analyse des rapports entre la mafia et la politique, m’appuyant également sur des actes judiciaires du procès Andreotti. Dans cette analyse, le rapport mafia-politique est, à double titre, intrinsèquement lié au phénomène mafieux. D’abord parce que la mafia est un sujet politique dans la mesure où elle exerce un pouvoir sur un territoire déterminé et en contrôle les activités autant que les relations personnelles. Dans une deuxième mesure, la mafia joue un rôle politique à travers le système de rapports qu’elle a instauré avec certaines personnes de l’administration publique, des partis politiques et des institutions. Je publiais également, dans ce livre, les réponses apportées par Lima à ces dossiers ; un cas d’espèce puisqu’il n’existe pas d’autres réponses écrites de Lima aux accusations qui lui ont été reprochées. Lima soutenait qu’il n’était impliqué dans aucun procès judiciaire. Je répondais que mes dénonciations concernaient des relations avérées avec des hommes de la mafia et que, même si ce fait n’était pas criminel, il était cependant grave sur le plan ethico-politique.
J’ai également utilisé, en partie, dans ce livre, un texte anonyme concernant l’ancien ministre démocrate-chrétien Calogero Mannino, tout en précisant clairement que les textes anonymes émanaient en général, directement ou indirectement, du monde mafieux et qu’il était impossible de distinguer la vérité du mensonge. Mannino m’a assigné en procès civil, soutenant que je m’étais approprié les accusations de cet auteur anonyme. J’ai été condamné en première instance et en appel à une sanction pécuniaire modeste. Le jugement de première instance stipulait que le simple fait de citer un document, même si on ne le cautionne pas, était diffamatoire ; quant au jugement d’appel, il prétend que je n’ai pas respecté le principe de vérité : j’aurais dû m’assurer qu’il y avait eu un prononcé définitif du tribunal. En Italie, l’arrêt définitif est rendu par la Cour de Cassation et arrive de longues années plus tard. Les journaux pouvaient donc cesser de paraître, seuls les descendants pourraient effectuer des recherches.

Souvent, au cours des dernières années, des hommes politiques ont eu recours au jugement civil, lequel ne consiste qu’en l’échange de documents et ne prévoit ni débat ni approfondissement. C’est ainsi qu’a agi le président de la province de Palerme, le parlementaire européen Francesco Musotto à l’encontre du politologue Claudio Riolo, et c’est ainsi qu’a agi Mannino à mon encontre. Après le jugement de première instance de 2001, Riolo et moi, avec l’aide de certaines associations, avons lancé une campagne pour la liberté de la recherche et de la presse dans la lutte contre la mafia, et avons soutenu le fait que des problèmes de ce type devaient davantage être discutés devant un jury d’honneur que devant des tribunaux, et que les sanctions, au lieu d’être financières, l’honorabilité n’étant pas un produit de supermarché, devraient consister en des réponses, des éclaircissements, des corrections ou des ajouts. Nous souhaitons poursuivre cette campagne parce que nous considérons comme absolument nécessaire, dans une société démocratique, d’analyser les rapports entre la mafia et le contexte social et, par-dessus tout, avec la vie politique.



Question 2 :

Vous avez travaillé avec la Commission Parlementaire anti- mafia, quelles critiques faites-vous de la Commission et de l'appareil législatif et judiciaire italien spécifiquement anti- mafia régional et municipal ?
Y a-t-il des points positifs malgré tout, des relais pour les acteurs, chercheurs, politiques, magistrats, avocats, engagés dans la lutte contre le crime organisé mafieux ?
Les services secrets civils et militaires américains exercent-ils une quelconque influence sur le crime organisé, de Palerme à Rome ?


Umberto santino :

J’ai été consultant pour la Commission parlementaire de 2003 à 2005. J’ai démissionné parce qu’aucun travail ne m’a jamais été confié. La Commission était paralysée par la majorité et l’opposition ne parvenait pas à avoir un rôle effectif. Certains ont évidemment pensé que je me contenterais d’une charge honorifique.

Concernant la législation, il faut savoir qu’en Italie toutes les lois antimafia sont dictées par l’idée que la mafia est une usine à meurtres : s’il y a coup de feu, il y a mafia, pas dans le cas contraire. La loi antimafia de 1982 est arrivée après l’assassinat du général-préfet Dalla Chiesa, comme les autres lois sont arrivées après les attentats massacres dans lesquels ont péri les magistrats Falcone et Borsellino. Au cours des dernières années, les mafieux ont compris que les grands crimes avaient des effets boomerang et que mieux valait ne pas commettre d’atrocités retentissantes. On parle de “mafia souterraine” ou “invisible”, alors cela signifie, pour beaucoup, que la mafia n’existe plus ou que nous ne devons plus nous en soucier. Une bonne partie de la législation a été abrogée ou assouplie, les magistrats se sont retrouvés avec une marge de manœuvre limitée, et les commissaires chargés du racket et de la confiscation des biens ont été licenciés ou remplacés par des personnages inconsistants.

Le problème de ces dernières années, en Italie, est le berlusconisme ; une forme d’occupation du pouvoir qui considère l’illégalité comme une ressource et fait de l’impunité son étendard. Les lois ad personam créées pour protéger les intérêts de Berlusconi et de ses amis, l’attaque de la magistrature, les facilités permettant le rapatriement de capitaux de l’étranger et les exonérations ont engendré un cadre socio-politique que j’ai qualifié de “légalisation de l’illégalité”. Ce cadre est le plus propice aux organisations mafieuses qu’ait connu l’Italie depuis l’Unité. Comparativement aux cinquante années de pouvoir démocrate chrétien nous avons fait un grand saut en matière de qualité : le pouvoir démocrate chrétien était fondé sur une méditation de tous les pouvoirs, mafia comprise ; le berlusconisme est intrinsèquement fondé sur l’intérêt privé et l’illégalité.

Je ne sais pas si les services secrets américains jouent actuellement un rôle sur le terrain de la criminalité organisée. La mafia a été soutenue par les Américains après la seconde guerre mondiale, elle était alors un rempart contre le communisme, mais il faut éviter des lectures de l’Histoire du type : les ordres venaient de Washington. Il s’agissait d’une union par consentement mutuel, où se sont retrouvés mafia, propriétaires fonciers, partis conservateurs et facteurs géopolitiques. Quelques années plus tard, on a tout fait pour empêcher la coparticipation au pouvoir du Parti communiste, en ayant recours à des attentats massacres (de la Piazza Fontana en 1969 à la gare de Bologne en 1980) au cours desquels se sont rencontrés néo-fascistes, piduistes (loge maçonnique P2 de Licio Gelli), services secrets et où, dans certains cas, (attentat de Noël 1984) la mafia a joué un rôle judiciairement avéré.

Pour ce qui est des attentats plus récents (1992 et 1993), nous ne sommes pas parvenus à aller au-delà de la “coupole” mafieuse et la requête visant à constituer des commissions d’enquêtes parlementaires n’a pas abouti.



Question 3 :
Pouvez-vous nous parler de Pietro Grasso, nouveau procureur anti- mafia ? De sa fonction ? Sur quoi établit-il sa politique ? Sa nomination est récente, quels sont vos points de convergence et vos oppositions, s'il y a lieu ? Voyez-vous dans l'avenir des zones d'ombre ou des obstacles sérieux à sa politique ? Exerce-t-il une quelconque influence à l'échelle européenne, institutions gouvernementales, parlementaires, judiciaires, policières, renseignement ?


Umberto santino :

Pietro Grasso était juge-assesseur durant le maxiprocès de Palerme (1986-1987) et rédacteur du jugement de première instance. Il a ensuite été consultant pour la Commission antimafia, conseiller au ministère de la Justice lorsque Giovanni Falcone en assurait la direction, procureur adjoint près du Parquet national antimafia et procureur principal à Palerme. Certains magistrats lui ont reproché de ne pas poursuivre le travail du procureur Caselli sur le plan des rapports entre la mafia et la politique, mais il faut dire que les temps avaient changé, l’attention à l’égard du phénomène mafieux avait fléchi et le rôle de la magistrature, dans ce domaine, se limite aux affaires impliquant des délits. Je crois que, politiquement, on ne lutte plus contre la mafia depuis des années, le tout étant relégué à la magistrature.
Grasso est actuellement superprocureur national antimafia : les forces gouvernementales et de la majorité ont exclu Caselli par une loi ad personam concernant la limite d’âge ; chose honteuse et que j’ai dénoncée. Grasso n’a dit mot de cette exclusion et c’est lui qui a rejoint le Super Parquet. Les partis de droite ont évidemment préféré Grasso, lequel a déclaré, le jour suivant sa prise de fonction, que la lutte contre la mafia n’était plus au centre de l’attention, que le problème ne concernait pas uniquement la mafia militaire mais aussi la bourgeoisie mafieuse (expression que j’utilise dans mon analyse du système relationnel mafieux). Il a également clairement stipulé qu’il ne fallait pas, durant cette campagne électorale, proposer la candidature d’hommes mis en examen ou en procès, mais Forza Italia, et d’autres partis de centre droite, ont polémiqué sur ces déclarations. Il y a quelques jours, le Procureur Grasso a avoué que le thème de la mafia était absent et qu'il faudrait en parler pendant la campagne électorale et le Président de la Commission antimafia a déclaré, à propos de Forza Italia, qu’il s’agissait de “foutaises”. En somme, les droites croyaient que Grasso était un personnage sur lequel on pouvait compter, mais le procureur entend prouver qu’il est autonome et poursuit son propre chemin.
En tant que superprocureur, il a un certain pouvoir, mais doit tenir compte du cadre politique, et si des dispositions comme le mandat d’amener européen ou la convention des Nations Unies, ratifiée à Palerme en décembre 2000, existent au niveau européen ou international, elles sont restées sur le papier, le gouvernement Berlusconi ne les ayant pas signées.




Question 4:
Les moyens scientifiques des luttes civiles contre le crime organisé mafieux ont-ils augmenté? Quelles ont été les retombées du Forum Social anti-mafia et des campagnes citoyennes auprès des différentes villes du bassin méditerranéen ?


Umberto santino :

Sur le plan scientifique, il n’existe pas de programmes coordonnés de recherche. Nous agissons de manière autonome. Le Centre que j’ai fondé en 1977 est entièrement autofinancé, car la région sicilienne n’a pas de loi d’application générale et octroie l’argent public sur des critères de favoritisme. Il existe, en Sicile, d’autres centres d’études, financés par des fonds publics ; ils organisent des colloques et des débats mais n’effectuent pas de recherches. Les Universités ne font pratiquement rien : quelques études menées individuellement par certains professeurs et quelques séminaires, le plus souvent organisés par les étudiants.
Après les grandes manifestations qui ont suivi les attentats massacres de 92 et de 93, le rôle de la société civile s’est réduit à l’engagement d’une poignée de personnes. Les principales activités actuellement menées par les diverses associations de la société civiles sont les suivantes : le travail dans les écoles, la lutte antiracket et, dans une certaine limite, un usage social des biens confisqués. On parle, dans les écoles, de la légalité en règle générale ; l’antiracket n’existe qu'en Italie méridionale, alors que les extorsions et l’usure sont désormais répandus dans toute l’Italie ; au sujet des biens confisqués (encore trop peu), le gouvernement voulait instituer une loi qui fragilise, rende non définitive, la confiscation : nouveau coup porté à l’antimafia, et privilège pour la mafia.
Il existe en Italie, au niveau national, un réseau d’associations appelé Libera qui s’emploie à diverses initiatives. Les Forums antimafia et les campagnes impliquent un nombre limité de personnes et il n’y a pas, dans la zone méditerranéenne, de réelle conscience des phénomènes tels que le rôle des organisations criminelles dans l’immigration clandestine ou les trafics d’êtres humains. Il ne faut pas oublier qu’à l’intérieur du processus de mondialisation, nombreux sont les coins de la planète, zone méditerranéenne incluse, mais principalement sur les côtes africaines et dans les Balkans, où l’accumulation illégale est l’unique ressource face à l’exclusion sociale qui touche une grande partie de la population mondiale.
J’ai présenté, l’an dernier, au Forum de la Méditerranée de Barcelone, un rapport concernant ces thèmes mais l’attention demeure insuffisante. Au niveau européen, l’organisme ENCOD (The European Ngo Council on Drugs and Development) regroupe des organisations non gouvernementales mais n’a pas de fonds, et ne peut, de ce fait, rien entreprendre. L’un de nos livres sur le trafic de drogue, à destination des universités et des écoles secondaires supérieures, publié en 1993, en quatre langues (Dietro la droga, Derrière la Drogue, Behind Drugs, Detrás de la droga), grâce à un financement de la Communauté européenne, est aujourd’hui obsolète mais nous n’avons pas d’argent pour le republier. En France non plus, je ne crois pas que l’on fasse suffisamment. Une organisation qui effectuait un travail sérieux sur le trafic international des drogues, l’OGD (Observatoire Géopolitique des Drogues), dont le siège était à Paris et avec laquelle je collaborais, a dû cesser son activité par manque de financements.

[ Traduit de l’italien par Nathalie Bouyssès ]

Source:

Écrit par : Jacques | 12/08/2008

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Meurtre de Marcel Vervloesem - Moord op Marcel Vervloesem - Murder of Marcel Vervloesem: Pétition-Petitie-Petition
Gezien:

- het gemediatiseerde proces tegen Marcel Vervloesem dat op een aantal valse klachten gebaseerd was enkel diende om Marcel Vervloesem het zwijgen omtrent de kinderpornozaak Zandvoort met de 88.539 slachtoffertjes op te leggen
- men Marcel Vervloesem daarvoor 10 jaar lang als een 'kindermisbruiker' afschilderde
- men hem zijn gezondheid ontnam (hartpatiënt, suikerziek, kanker die men in de gevangenis van Turnhout destijds vaststelde maar niet opvolgde)
- men hem, zonder rekening te houden met zijn kritieke gezondheidstoestand, opnieuw in de gevangenis wil opsluiten
- men weet dat hij in de gevangenis zal overlijden, zeker als hij daar met een dorst- en hongerstaking begint omdat hij vindt dat hij voldoende heeft kunnen bewijzen dat hij onschuldig is
- justitieminister Jo Vandeurzen van al deze feiten op de hoogte is maar niets ondernam tegen de diefstallen van ontlastende documenten en getuigenissen uit het strafdossier van Marcel Vervloesem
- justitieminister Vandeurzen zelfs niet reageert op de verdwijning van de cd-roms Zandvoort op het hof van beroep te Antwerpen die door de Hoge Raad voor de Justitie schriftelijk werd bevestigd enz.

kan men gerust spreken van een vooraf beraamde moord.

Ik verzoek dan ook iederéén om Marcel Vervloesem te ondersteunen en nationale en internationale mensenrechtenorganisaties aan te schrijven om de moord op aktievoerder Marcel Vervloesem te voorkomen.

Jan Boeykens
Voorzitter Werkgroep Morkhoven
werkgroepmorkhoven@gmail.com


Signez la pétition:
Sign the petition:
Onderteken de petitie:

Écrit par : Morkhoven | 17/08/2008

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L'Ambassade de Chine: Les droits de l'homme en Belgique
Van: Jan Boeykens
Verzonden: zondag 24 augustus 2008
Aan: zhou_zhicheng@mfa.gov.cn
Betr: Les droits de l'homme en Belgique


Ambassade de Chine


Cher Monsieur,

Notre ministre-président Yves Leterme parlait pendant son visite à la Chine à nouveau du respect des droits de l'homme en Chine.

Mais en Belgique même, il y a un problème sérieux sur le plan des droits de l'homme et de l'enfant.

En attendant votre réponse,

Sincèrement,

Jan Boeykens
Président du Werkgroep Morkhoven

Werkgroep Morkhoven vzw-asbl
Rue de Faider 10
1060 Saint-Gilles
Belgique
nr. 443.439.55
Tel: 0032 (0)2 537 49 97
WerkgroepMorkhoven@gmail.com

-------------------


Marcel Vervloesem doit être assassiner discrètement


Sauvez Marcel Vervloesem de notre groupe d'action qui commençera une
grève de la faim et de la soif le 5.9.2008 et refusera de prendre ses
médicaments pour son coeur, son diabètes et son cancer. Il refusera
aussi tout traitement médical et toute réanimation. Cette grève lui
donne un maximum d'une semaine de chance de survie.

Marcel a lutté pendant vingt ans contre les réseaux pédocriminels et a
reçu les félicitations du président du Conseil de l'Europe pour son
travail en 1998.


Signez la pétition - Sign the petition - Leggere la petizione - Teken
de petitie:
- http://droitfondamental.eu/003-petitions_kinderrechten_aktivisme_Marcel_Vervloesem.htm
- http://droitfondamental.eu/phpBB2/index.php
Si vous avez des problemes de signer: Cliquez sur le lien
http://droitfondamental.eu/phpBB2/index.php et cliquez sur 'Register'
+ 'Log in'.Vous pouvez aussi envoyer votre mail à:
WerkgroepMorkhoven@gmail.com, webmaster@droitfondamental.eu,
issakaba@skynet.be

Contact: Werkgroep Morkhoven, Rue Faider, 1060 Saint-Gilles (Belgique)
- Tel.: (0032) 02 537 49 97

-----------

Info:

- http://www.zoegenot.be/CD-roms-pedocriminels-Onkelinx.html
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=Ministre+Onkelinx+Zandvoort&btnG=Recherche+Google&meta=
- http://www.google.fr/search?hl=fr&q=affaire+zandvoort&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=Gina+Bernaer+Pardaens&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.google.be/search?hl=fr&pwst=1&sa=X&oi=spell&resnum=0&ct=result&cd=1&q=Gerrit+Ulrich+Zandvoort&spell=1
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=Jacobs+zicot+turnhout&btnG=Rechercher&meta=
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- http://www.droitfondamental.eu/
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- http://de-lachende-advocaat.skynetblogs.be/post/6142710/belgique-les-rapports-entre-la-mafia-et-la-p
- http://groups.msn.com/WerkgroepMorkhoven
- http://werkgroep-morkhoven.skynetblogs.be/

Écrit par : Jan Boeykens | 24/08/2008

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Marcel Vervloesem, 13ième jour - Diffusez ce message !
Réseaux pédocriminelles - Etouffement - Marcel Vervloesem meurtrié

Van: Jan Boeykens
Aan: giorgio gagliardi
Bcc: issakaba, laviedeperes, optima.bolan.tele2.fr, redactie.belga.be, redliege.lameuse.sudpresse.be, redaction.rtl.be, lactualite.com, journal.lesoir.be, nouvelobs.com, controverse@rll.be, bvolken.tf1.fr, rtbf.be, tf1.fr, michel.bouffiaux, lemonde.fr, lib.redaction, humanite.presse.fr, rtbf.be, llb.gazettedeliege, dh.courrier, dh.be, patricia.vandersmissen, claude.eerdekens.lachambre.be, dmorelli.liguedh.be, ibz.fgov.be, carine.tkint, olivier.de.clippele, vincent.decroly, liguedh.be, carine.tkint, josee.lejeune.lachambre.be, cjlnath, josy.arens.lachambre.be, comiteri.be, n.depotter, europol.eu.int, laruelle.fgov.be, kabinet.keulen.vlaanderen.be, laurette-onkelinx.be, kabinet.peeters.vlaanderen.be, patrick.huion.minsoc.fed.be, cabinet.mod.mil.be, magnette.fgov.be, ministerq.be, pim.vanwalleghem.premier.fed.be, sec.delizee.minsoc.fed.be, wathelet.fed.be, secretariaat.aartsbisdom, federaalombudsman.be, secr.cass.just.fgov.be, sonia.claes.just.fgov.be, csj.be, herman.van.rompuy, voorzitter.cdenv.be
Datum: 17 sep. 2008
Onderwerp: Réseaux pédocriminelles - Etouffement - Marcel Vervloesem meurtrié

Dr. Gagliardi,


Cher Giorgio,

OK Giorgio. Nous publierons votre message.

Demandez à tout le monde d'écrire des lettres recommandés mais pas seulement aux authorités belges (qui ne sont pas à confier et qui étouffent l'affaire) mais aussi aux membres du parlement européen et aux organisations des droits de l'homme en Italy.

Nous organisons les mêmes actions en Hollande, la France et la Belgique.

Hier, j'ai encore eu une réponse du cabinet de Ministre Onkelinx qui était le ministre de la justice dans le gouvernement précédent et qui est maintenant ministre de l'affaires sociales.
Son membre de cabinet a envoyé une lettre de moi au cabinet de ministre de la justice Vandeurzen mais ce ministre m'a jamais répondu sur mon lettre de 30.5.2008 concerne le vol des documents dans le dossier de Marcel et le vol des 7 cd-roms de Zandvoort au Cour d'appel d'Anvers.
Il y a quelques jour que j'ai téléphoné au cabinet de Vandeurzen. On me disait que mon lettre était perdu ou se trouvait chez le chef du cabinet.

On veut isolé Marcel complètement et étouffer toute sorte de nouvelles autour son frève de la faim et du soif. Quand il meurt, l'agence de presse Belga publiera alors un petit message que le 'chasseur des pédos autoproclamé est décédé au prison de Bruges à cause de sa santé et son grève de la faim' et le dossier du réseau Zandvoort sera fermer.

Marcel était hier à nouveau conscient.
Il se trouve complètement isolé dans une petite cellule qui est si grand comme une boîte pour des chiens. Il ne voit presque aucune personne. Ses lettres sont presque tous bloqués. Il boît un petit peu parce qu'il souffre des douleurs.
Il peut tomber à chaque moment dans un coma diabétique. Ses reins peuvent bloquer à chaque moment et il sait presque plus dormir à cause de sa souffrance fysique.
C'est pour ce raison qu'on nous a évité de visiter Marcel pendant 2 semaines.
J'ai l'impression qu'on attend vraiment sa mort et que le ministre de la justice veut gagner de temps avec ce comédie autour le droit de visite.

Est-ce que vous ne pouvez pas contacter l'ordre des médecins en Italy ?
Il y a certainement des associations internationales des médecins et des associatons qui travaillent autour le droit de l'homme en Italy ou à l'étranger qui réagisseront si on les raconte cette histoire !

Aujourd'hui, je parlerai avec des membres d'un association des droits de l'homme. J'ai fait aussi un rendez-vous avec des membres du Parlement Européen.


Jan

Jan Boeykens
Président du Werkgroep Morkhoven
werkgroepmorkhoven@gmail.com
issakaba@skynet.be
0032 2 537 49 97
http://werkgroep-morkhoven.skynetblogs.be/
http://www.droitfondamental.eu/

Écrit par : Jan Boeykens | 17/09/2008

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Dr. Gagliardi (Italie) veut visiter Marcel Vervloesem
----- Original Message -----
From: Informatieambtenaar - Fonctionnaire d'Information
To: 'Giorgio Gagliardi'
Sent: Friday, September 19, 2008 2:45 PM
Subject: RE: visite a marcel V. En prison a bruges
Monsieur,

Si cette personne est détenue à Bruges, dans ce cas il convient de vous adresser à la prison de Bruges :

Penitentiair complex te Brugge
Lege Weg 200
8200 Brugge
Tél. : 32 50 45 71 11

Sinon, vous pouvez vous adresser au Service des Cas individuels de la Direction générale des Etablissements pénitentiaires :

VAN MELDEREN, CATHERINE
CONSEILLER
CAS INDIVIDUELS
DG ETABLISSEMENTS PENITENTIAIRES
tel : 32 2/5428322
e-mail : catherine.vanmelderen@just.fgov.be

Bien à vous,

Anne-Marie Ramirez Flores,
Assistante du Fonctionnaire d'Information
Cellule Communication et Information au citoyen
Service Communication et Documentation
Services du Président
SPF Justice
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Écrit par : Morkhoven | 19/09/2008

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Nous ne pouvons rester indifférents !
Pédocriminalité - Affaire Zandvoort - Marcel Vervloesem en danger

Les politiciens belges attendent silencieusement sa mort pour que l'affaire Zandvoort peut être étouffer


En refusant de boire et de manger, ainsi que la prise de ses médicaments, alors qu'il est cardiaque et diabétique, Marcel Vervloesem, qui s'est présenté de lui-même à la prison de Turnhout, met volontairement sa vie en danger. Une vie consacrée tout entière à la dénonciation des réseaux pédo-criminels. Affaibli et plongé dans une lassitude extrême, ayant été attaqué de toutes parts cet homme a besoin de notre solidarité. Nous ne pouvons rester indifférents.
Quelles que furent les erreurs que l'on a pu reprocher à cet homme, nous n'avons pas le droit de le laisser mourir en prison. Le 5 septembre 2008, à 14h00, Marcel Vervloesem est entré en prison. Depuis ce jour et cette heure, il refuse de boire et de s'alimenter ainsi que de prendre ses médicaments alors qu'il est diabétique et cardiaque.

Ruf Nachtengaele qui prétendait que les problèmes concerne le visite de Marcel au prison de Bruges est seulement un 'question de communication', visitait Marcel au 18.9.2008.

Dans son rapport de son visite à Marcel il nous laisse voir un Marcel qui se sent bien étcitéra... mais la réalité est beaucoup plus grave et Marcel peut tombé chaque moment du jour dans un coma diabétique ou avoir un attaque cardiaque !

Il y a aucune raison d'enfermer un homme comme Marcel qui est si gravement malade (coeur, diabétique, cancer) au prison.

C'est un meurtre et le ministre de la justice belge Vandeurzen (CD&V, Démocratie Chrétien) est très bien au courant de ce meurtre.

Le ministre sait:
- qu'on a volé des documents en décharge du dossier de Marcel et que ce vol est constaté par le Conseil Supérieur de la Justice)
- que l'affaire pédocrimelle Zandvoort n'a jamais été inquêté
- que les criminels dans cet affaire sont encore libre
- que les -suivant le rapport du police fédérale- 88.539 enfants dans l'affaire Zandvoort sont jamais identifié
- que le magistrat pédocriminel dans l'affaire Zandvoort n'est jamais poursuivi
- que les 7 cédéroms de porno d'enfants que le Roi laissait
transmettre au procureur-général d'Anvers, ont été volé et que ce vol est constaté par le Conseil Supérieur de la Justice
- qu'il protège les criminels (violeurs et voleurs) et préfère que Marcel est enfermé au prison
- que la santé de Marcel est abominable (coeur, diabètique, cancer) et que Marcel ne peut pas survivre l'enfermement au prison (même s'il arrête son grève de a faim et du soif et qu'il reprend ses médicaments
- qu'on a déjà décidé de fermer l'enquête et de détruire les cédéroms de Zandvoort après la meurt de Marcel
- qu'il y a 27 procès-verbaux concerne la violation des moeurs sur des enfants et des jeunes autour l'accusateur principal de Marcel qui reste en liberté et a été nommé comme président du commission de la sécurité en de la police du ville Herentals
- qu'il y a six mois que Marcel a été invité par le Collège de procureurs-général à de La Haye concerne le réseau de Zandvoort et que ce Collège prépare en ce moment un rapport autour les fraudes de la justice belge dans le dossier de Zandvoort
- que Marcel a commencé un procédure d'urgence à la Court European des Droits de l'Homme de Strasbourg et qu'on doit meutrier Marcel pour éviter que l'Etat belge devient condamné à nouveau pour la violation des droits de l'homme et la protection des abuseurs d'enfants.

--------------

je m'ai manifester à la réception de la prison à 13h30;
après les formalités (p.e. l'inscription ) j'ai attendu dans une grande salle d'attente avec une soixantaine personnes;

14h30: une gardienne m'a accompagné vers la section médicale (j'étais la seule personne pour visiter un prisonnier làbas); les autres prisonniers étaient visités dans la grande salle de visite.

De 14h30 à 15h30 j'ai parlé avec Marcel nous deux assis à une petite table dans un local (hall) lequel confine à sa chambre .

il est maigri; il dit qu'il est se sent en général fatigué.
au moment que je l'ai rencontré il était malgré les circonstances relativement fort
-il dose sa consommation d'énergie , et se repose beaucoup-

il était très causant comme nous le connaissons; mais avec une voix qui est un peu faiblie.
il argumente et parle clair, considéré, et logique.
si j'ai bien compris, il fait la grève de la faim (et stop des médications) pour différentes choses:
* protest par rapport au fait qu'il est condamné par la justice sur une dossier/enquête incomplète (par exemple: éléments à décharge ne se trouvent pas dans le dossier etcetera....)
* protester par rapport le fait qu'on l'a emprisonner malgré la plainte chez la cour Européenne
* il veut qu'on lui donne clarté par rapport à la disparition de 7 CD-Roms (Zandvoort) sur un tribunal à Anvers
* (et peut-être j' ai oublié encore une -ou des raisons-) il est déterminé de continuer avec sa grève et le stop de prise des médicaments;

le personnel le traite correctement mais d'une façon réservée ; pas de vraie communication du personnel avec Marcel;
Avec une personne il a eu une longue conversation, avec l'aumônier.

En ce qui concerne encore son état physique; l'envie de vomir est passé ( toutefois aujourd'hui): peut-être c'est parce que son estomac s'est stabilisé.

Son appétit, la sensation de la faim est maintenant disparu. Il a le sentiment qu'il est à ce moment plus facile pour continuer sa grève.
Voir un repas , qu'on le offre encore chaque moment comme chez les autres prisonniers, ne fait rien à lui. Il n'a plus de faim.

Boire: maintenant il boit encore, quatre tasses de l'eau du robinet; il préfère cet eau au lieu de l'eau d'une bouteille.
4 tasses; c'est trop peu; c'est insuffisant. le risque de déshydratation est grave.

Je lui ai demandé explicitement si il a déjà été vraiment en coma; il a répondu avec une négation.
Alors, jusqu'aujourd'hui il n'a pas été en coma.
Il a des troubles du sommeil: dans la nuit il ne dort parfois pas ou peu, et pendant la journée il se sent parfois engourdi de sommeil.

Chaque jour: 4 fois il y a un contrôle médical; et si j'ai bien compris il y aussi un ou deux contrôles dans la nuit.
Marcel a le perception que la directrice (la directrice de la section médicale) absolutement veut éviter qu'il arriverait quelque chose grave à Marcel.
L'évolution de son état physique est imprévisible; demain il peut être totalement différent qu'aujourd'hui.

ce qui me frappait aussi, hier, dans le contact avec Marcel, c'est le fait que Marcel n'a pas de contact avec des autres détenus de la section médicale; je ne sais pas la (les) raison(s) de cette situation;
est ce que c'est selon le règlement? est ce que c'est normal ? je ne sais pas. Il y a pourtant là bas un local, comme m'a expliqué

Marcel (et ce que j'ai vu aussi du côté où j'étais assis), un local dans lequel les prisonniers - je suppose selon des conventions internes et sur un moment déterminé- pouvaient se bouger un peu libre(?) et bavarder.
Il faudra demander encore des explications à Marcel sur cela.
En fait il vit très isolé là bas.

ce qu'est aussi misérable, et pas sain, c'est le fait qu'il n'y a pas de possibilité d'ouvrir une fenêtre et q'il n'y a pas alors la possibilité de faire entrer de l'air frais; il y a airco sur sa chambre, mais ca donne la conséquence que Marcel a la gorge sec...
j'ai vu l'intérieur de sa chambre ; une vrai espèce de chambre médicale, avec un lit au centre de la chambre.

encore quelque chose: Marcel me disait que le procureur-général d'Anvers lui a écrit une lettre avec la promesse de la restitution de certaines choses qui étaient confisquées dans une perquisition chez Marcel . De quoi il s'agit, et quand et comment se serait réglé...je ne sais pas.

Écrit par : maurice | 20/09/2008

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Adieu Gina
Zandvoort

Le meurtre de Gina Pardaens-Bernaer - Werkgroep Morkhoven.

†15 novembre 1998 †

Assistante sociale, Gina Pardaens-Bernaer avait rejoint le Werkgroep Morkhoven, à l'occassion de la découverte du réseau Zandvoort, en juillet 1998. Elle travaillait au dossier Schadwald, du nom d'un petit garçon disparu d'Allemagne à l'âge de 11 ans et dont la recherche avait mené l'association, au réseau. Elle découvrait rapidement l'implication des services secrets allemands, par le beau-père de l'enfant, Rainer Wolf.

Elle commençait alors à avoir des problèmes de perturbations de téléphone, de fax et d'ordinateur. Elle recevait des appels répétitifs de personnes qui raccrochaient après un long silence. Belgacom, alors monopole d'état en matière de téléphonie, ne prétendait pas réussir à trouver l’origine des interférences, ni des appels anonymes. Leur enquête les avait mené à découvrir qu'une deuxième ligne aurait été ouverte sur son téléphone sans qu'elle ne l'ait jamais commandé et qu'il y aurait eut "un petit fil détaché".

C'est Gina Pardaens-Bernaer qui fit une copie d'un des cédéroms de Zandvoort et l'envoya à l'organisation "CIDE", qui à son tour la communiqua à Interpol. Elle avait découvert un "film snuff", où figurait le viol et le meurtre d'une petite fille et dans lequel elle avait reconnu un ancien associé de Michel Nihoul, célèbre dans le dossier Dutroux. Des hommes l'arrêtaient dans un train et lui dirent d'arrêter ses recherches. Depuis, elle se déplaçait en voiture, mais elle fut rapidement suivie. Elle notait les plaques d’immatriculation, parmi lesquelles d'une Mercedes grise qui s’avérera être celle de l’ancien chauffeur du bar "Dolo: le quartier général de Michel Nihoul à Bruxelles, où il rencontrait tous les policiers qui "rataient" chaque enquêtes relatives à l'exploitation sexuelles d'enfants.

Elle avait collaboré au programme télévisé "Faits divers" de la RTBF, avec le journaliste Dessart. Ils furent tout deux interrogés par la police judiciaire au sujet de l’affaire Schadwald. Les officiers semblaient d'avantage intéressés à leurs connexions avec le Werkgroep Morkhoven, qu'à la disparition de l'enfant. L'audition lui avait paru "hautement remarquable, intimidante et clairement dirigée afin de lui faire révéler sur ses sources", avait-elle dit au journal "De Morgen".

Le harcèlement téléphonique augmentait. Elle recevait des menaces de mort, de personnes dont les voix étaient déformées par un appareillage électronique. Suite de deux de ces appels, son fils, alors qu'il était sur sa bicyclette, fut renversé par une voiture dont le conducteur s'enfuit sans s'arrêter.

Quatre mois étaient passés depuis que Gina Pardaens-Bernaer collaborait avec le Werkgroep Morkhoven, quand le 14 novembre 1998 au soir, elle appelait Jan Boeykens, président de l’association. La communication était si brouillée qu'ils avaient des difficultés à s'attendre l'un l'autre, mais il parvint à apprendre qu'elle avait été objet d'une nouvelle série de menaces de mort:- "Avec ce que j'ai découvert", dit-elle, "soit la Belgique explose, soit je suis assassinée".

La nuit même, à l'aube du 15 novembre, sa voiture fut retrouvée écrasée sous un pont, sans qu'aucune trace de freinage n'ait pu être relevé, aurait pu démontré qu'ils avaient été sabotés. L'état de la voiture se passe de commentaire.

La Belgique n'a pas explosé. Le meurtre ne fut objet d'aucune enquête policière. Peu après, le bureau de son avocat, Maître Arnould, était cambriolé et des dossiers étaient volés.

Les membres du Werkgroep Morkhoven, qui admiraient Gina Pardaens-Bernaer, furent brisés par ce meurtre, qui aurait pu être évité si la police avait rempli son devoir. Le Mémorial de Zandvoort, à l'occasion du dixième anniversaire de la découverte du réseau sera aussi fait en son honneur.

Adieu Gina, on ne t'oubliera jamais..

Écrit par : lulu | 22/09/2008

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Un meurtre
Cher Jan,

En France, le prisonnier ne fait aucune demande pour recevoir des visites, mais il a le droit de les refuser.

Donc, je pense qu'il en ai de même pour Marcel Vervloesem.

C'est un meurtre.

Tous cela ne me semble pas légal.

Les politiques de droite ou de gauche, ne bougent pas. En France et en Belgique.

Envoyez à des parlementaires, ils ne pouront pas dire, " nous ne savions pas"

Envoyez à tous les politiques, de toutes les opinions.

Car, il me semble que Marcel Vervloesem est isolé, ce n'est pas normal, juste.

Je continu à le soutenir.

Bonne journée.

----------------

Chère Sylvie,


Hier, il y avaient deux journaux qui ont écrit quelque chose du grève de la faim de Marcel et le vol de ses documents à décharge.

Mais j'ai l'impression que le ministre de la justice Vandeurzen et la justice attendent le moment que Marcel est en coma.

J'ai encore écrit à la Reine hollandaise et les membres de la chambre hollandaise.

Aujourd'hui j'écris à nouveau et je contacte à nouveau les 2 parlementaires européens qui suivent cette affaire.

Jan

Écrit par : Jan Boeykens | 30/09/2008

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Carine Russo quitte le Sénat
Deux ans après son entrée en politique, Carine Russo jette l’éponge et démissionne de son mandat de sénatrice. Ecolo a confirmé l’information vendredi après-midi. La mère de Melissa Russo, l’une des petites victimes de Marc Dutroux, avait été sollicitée en 2007 par les verts pour se présenter au Sénat. A la quatorzième place, elle avait alors obtenu 57 747 voix de préférence (deux fois plus que le second de la liste, José Daras) et avait été ensuite cooptée à la Haute Assemblée.

En principe, l’annonce de la démission de Mme Russo aura été faite officiellement vendredi soir au Conseil de fédération d’Ecolo. Mme Russo n’avait toutefois pas l’intention d’être présente à cette réunion. Elle a envoyé une lettre au parti destinée à être lue par le secrétaire du Conseil de fédération devant les délégués, un texte qu’elle n’a pas souhaité rendre public.

Son état de santé mais aussi les difficultés qu’elle éprouve à se fondre dans la vie politique et parlementaire expliquent son choix. Pour ce que l’on en sait, elle exprime dans sa lettre son regret d’avoir dû prendre une telle décision. « Je regrette de vous annoncer que je n’irai pas plus loin que les deux années écoulées », commence-t-elle.

Outre ses problèmes de santé, sur lesquels elle ne s’étend pas, elle évoque la difficulté à se retrouver dans une vie politique et parlementaire trop formelle et trop procédurale. Cette vie comporte un niveau d’exigence dont elle n’avait pas conscience et qu’elle ne parvient pas à atteindre malgré ses efforts. « Je n’ai de goût que pour l’utile, pas pour le pouvoir », ajoute Mme Russo. Selon le coprésident Jean-Michel Javaux, « Carine Russo n’était pas aussi présente qu’elle l’aurait voulu. Après avoir mis en balance le poids de la charge avec ce que cela lui apportait, elle a estimé à mi-mandat que cela pouvait être l’occasion de donner sa chance à quelqu’un d’autre ».

Pour autant, la sénatrice n’est pas amère. Elle insiste sur son engagement et la sympathie qu’elle continue à éprouver pour Ecolo. Au parti, l’on dit respecter ce choix. « Elle a vraiment fait le maximum pour remplir le contrat, mais nous comprenons que c’est une femme de terrain qui a eu des difficultés à s’adapter aux réalités politiques », a souligné le porte-parole d’Ecolo. Elle continuera par ailleurs à être active au sein du mouvement, notamment en travaillant sur la problématique de l’univers carcéral, en lien avec le monde associatif.

Il y a un an déjà, la Liégeoise avait fait part de son malaise par rapport au monde politique. Déçue par le fonctionnement des institutions et des partis, elle précisait en novembre dernier, dans une interview aux journaux du groupe Sudpresse, qu’elle pensait tous les jours à arrêter. La charge de travail lui paraissait également trop lourde et, après un an, elle avait dû lever le pied. « Au début, pendant un an, le fait de combiner les deux a été très difficile. Quand j’ai senti que je prenais des risques avec ma vie familiale, j’ai dû revoir les choses, éliminer des réunions du soir qui ne servaient pas à grand-chose. L’essentiel, à mes yeux, c’est de préserver ma vie de famille. Sans elle, ce serait la fin de tout. Je n’y renoncerai jamais : pour moi, il y a la famille et les amis », déclarait-elle alors.

A 47 ans, Carine Russo tire donc aujourd’hui un trait sur sa carrière politique. Un appel à candidatures sera lancé pour pourvoir à son remplacement. Le conseil de fédération devrait alors trancher dans les prochaines semaines.

La Libre Belgique Mis en ligne le 12.9.2009

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La maman de Mélissa figure à l’avant-dernière place sur la liste Ecolo au Sénat. Un choix du coeur. Carine Russo vote pour les verts depuis qu’elle a l’âge de voter.

portrait de candidat

Ecolo a contacté Carine Russo au début du mois d’avril pour lui demander de figurer sur la liste du Sénat. La maman de Mélissa n’a pas répondu tout de suite. Elle avait prévu de partir en vacances durant les quinze premiers jours du mois et ne voulait pas perturber son séjour. Mais elle n’a pas hésité très longtemps. « Nous étions dans le sud de l’Italie, avec des amis, explique-t-elle. Là, nous avons été confrontés à la pauvreté, au chômage. Et puis, quel étrange climat. Alors qu’en Belgique, on se croyait comme en été, en Italie, il faisait mauvais, la nature avait un mois de retard. L’inquiétude environnementale portée depuis si longtemps par Ecolo, nous la vivions concrètement. A mon retour, j’ai dit oui. »

Carine Russo n’a pas dû se faire violence. Ecolo, c’est comme un choix du coeur. « La première fois que j’ai pu voter, en 1982, j’ai accordé ma voix à Ecolo. A l’époque, je rentrais dans la vie adulte. Je venais de me marier, je voulais des enfants. Je trouvais que le projet politique d’Ecolo correspondait aux rêves que j’avais. Mes rêves ont été brisés en 1995. Mais j’ai continué à voter pour Ecolo. »

Une page se tourne

Le compagnonnage avec les verts ne date pas d’ailleurs d’hier. En 1999 déjà, Carine Russo avait apporté son soutien aux listes Écolo. Mais de l’extérieur. Elle n’avait pas voulu s’engager plus activement à l’époque. « Écolo m’avait proposé une place sur ses listes. Mais j’estimais que j’avais encore d’autres choses à faire par rapport à notre propre parcours judiciaro-médiatique. » En 2003, elle n’avait cependant pas réédité l’expérience. « Nous étions à un an du procès Dutroux. C’était une période très difficile. Nous voulions nous concentrer sur le dossier. »

Pour Carine Russo, son engagement, actif aujourd’hui, au service d’Écolo est une façon de tourner une page. « Je renonce en quelque sorte à vouloir changer les choses sans les structures. Les structures existent, on n’y échappe pas. Et cela, je l’ai accepté. Cela ne veut cependant pas dire qu’il faut renoncer à vouloir les changer, à les rendre plus démocratiques. En ce sens, je prolonge mon combat. On peut donc dire que ma réflexion a évolué. Mais une rupture brutale, cela non. C’est impossible après tout ce que j’ai vécu. »

Carine Russo part à l’aventure. Placée à l’avant-dernière place juste devant Jacky Morael, elle est incapable de dire si elle sera élue ou non. « Ce serait assez inespéré, dit-elle simplement. La quatorzième place n’est en principe pas une place éligible. Ce n’est pas pour cela que je suis là de toute façon. Je ne voulais pas une place de combat sur la liste. Je suis une candidate d’ouverture, indépendante, qui souhaite aider Ecolo à faire avancer son projet. » Carine Russo ne fera d’ailleurs pas la campagne en professionnelle de la politique. Elle ne va pas bouleverser sa vie. « Ma campagne à moi, c’est mon engagement. »

Jusqu’au bout de l’aventure

Carine Russo concède qu’elle n’a pas d’expertise politique particulière et qu’elle se soucie assez peu des stratégies de parti, des hypothèses d’alliance. « Mon seul bagage politique, c’est mon vécu. » Elle avoue n’avoir pas une connaissance approfondie du programme d’Ecolo. « J’ai parcouru ce programme naturellement, dit-elle. Il y a là de bonnes idées. Mais quand on m’interpelle sur un thème environnemental, je renvoie la question vers les experts du parti. Cela fait 25 ans qu’Ecolo traite de ce domaine. Sur l’environnement, on peut leur faire confiance. »

La candidate ne refusera cependant pas une place au Sénat si les électeurs la plébiscitent. « J’irai au bout de l’aventure. » Qu’y ferait-t-elle ? Elle dit vouloir s’intéresser aux thématiques sociales. La situation des sans papiers en particulier. Et tout ce qui touche les jeunes, leur avenir, leurs conditions d’existence, leurs difficultés. « Il y a tellement de désarroi dans la jeunesse. Cela me brise le coeur. »

Et si Carine Russo n’est pas élue, poursuivra-t-elle son compagnonnage avec Ecolo ou y mettra-t-elle fin ? « On verra, lâche-t-elle . Depuis 1995, je ne suis plus capable d’élaborer des projets sur le long terme. »

vincent rocour – La Libre Belgique, 11.5.2007

Écrit par : Yves | 13/09/2009

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Écrit par : Jan Boeykens | 30/07/2010

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